Grève : une marée humaine partout en France

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grève 5 décembre
©THOMAS SAMSON / AFP / FRANCEINFO
806 000 personnes ont manifesté selon le ministère de l'Intérieur, 1,5 million d'après la CGT. La SNCF et la RATP ont été rejoints par les enseignants, les pompiers, les avocats, les agents des services hospitaliers et des "gilets jaunes".
La SNCF et la RATP, rejoints par les enseignants, les pompiers, les avocats, les agents des services hospitaliers et des "gilets jaunes"... Plusieurs corps de métier ont appelé à une importante journée de mobilisation, le jeudi 5 décembre. Un mouvement qui se poursuit le vendredi 6. Objectif : protester contre la réforme des retraites et leurs conditions de travail. Le mouvement a suscité d'importantes perturbations sur le réseau SNCF et à la RATP, ainsi que dans les transports en commun des grandes villes. Il a également été suivi dans les services hospitaliers, dans le trafic aérien... 

Au moins 806 000 personnes, selon le gouvernement, sont descendues dans la rue jeudi 5 décembre partout en France, dans le cadre d'une mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites. La CGT annonçait elle plus de 1,5 million de manifestants dans tout le pays. Selon le ministère de l'Intérieur, 65 000 personnes ont défilé dans la capitale. Le cabinet Occurrence, qui travaille pour un collectif de médias, dont franceinfo, a dénombré 40 500 manifestants depuis un point de comptage sur le parcours du défilé parisien, un chiffre susceptible d'avoir été affecté par les heurts ayant conduit certains manifestants à modifier leur itinéraire.
 

"Il reste des marges de négociations"


"C'est beau cette manifestation avec les avocats, les gilets jaunes, les soignants, les pompiers, ça fait plaisir", s'est réjoui Pascal Marichala, chercheur au CNRS venu en famille à Bordeaux, où 20 000 personnes ont battu le pavé selon la préfecture, 53 000 selon la CGT. "Ca me rappelle 68 ! C'est bourré, il y a plein de monde !", commentait Désiré, 79 ans, 59 ans de militantisme à Lutte ouvrière, dans le cortège parisien. Des affrontements entre policiers et manifestants ont eu lieu dans plusieurs villes, dont Paris, Lyon, Montpellier ou Toulouse. 
"C'est une très forte mobilisation dans le public comme dans le privé", s'est réjoui plus tôt Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. "On démarre très, très haut", a réagi en début de soirée le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, sur RTL, appelant le gouvernement abandonner la réforme. Pour FO, cette mobilisation est d'une "ampleur rare, inédite depuis 2010 et 1995".

En dépit des incidents, le Premier ministre, Edouard Philippe, a "rendu hommage" aux syndicats, notant que dans "un très grand nombre de villes", les manifestations "se sont bien passées". Le président Emmanuel Macron est "calme et déterminé à mener cette réforme, dans l'écoute et la consultation", a indiqué l'Élysée, précisant que "le Premier ministre s'exprimerait vers le milieu de la semaine prochaine sur l'architecture générale de la réforme". "Il reste des marges de négociation", a assuré la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.
 
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