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Heiva 2014 : Temaeva et l’amour de la danse

Tout au long du Heiva, des dizaines de groupes se produisent sur la scène To’ata. Certains sont jeunes, d’autres plus anciens. Le plus historique est celui, bien connu, de Coco Hotahota, Temaeva. Une troupe qui vit l’amour de la danse et de son pays.

© Suliane Favennec, Polynésie 1ère
© Suliane Favennec, Polynésie 1ère
  • Suliane Favennec, Polynésie 1ère
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« Fiu du drame et de la guerre ». Coco Hotahota, le maître incontesté de la danse polynésienne, a toujours aimé se faire remarquer. Le public, un peu plus nombreux chaque année à venir assister à ses spectacles, se rappelle encore de ces femmes en talons aiguilles et de ces hommes en smoking dansant sur la scène du Heiva. Cette fois, Coco Hotahota qui s’est assagi avec les années, a décidé de monter sur To’ata en choisissant comme thème l’éloge de la terre par les Arioi. Des personnages hauts en couleur qui amusent la galerie, et les seuls autorisés à se moquer des rois. « C’est un hymne à la beauté de notre pays, une déclaration d’amour à notre fenua », confie l’homme, désormais âgé de 75 ans, qui cherche sa relève.
 

Une jeunesse prometteuse

 
C’est en Rita, 27 ans, qu’il a trouvé son successeur. La jeune femme dont la beauté pure a ébloui les yeux des spectateurs vendredi soir lors de sa prestation en Nevaneva, a d’abord été danseuse durant huit ans dans la troupe Temaeva avant de tenter l’expérience de chorégraphe. « Au départ, j’avais peur », confie Rita, assise sur le rebord de la terrasse en bois de la maison d’un des membres du groupe. C’est ici, à Punaauia, que la troupe de « Coco » a élu domicile pour confectionner les costumes végétaux, à la veille du grand jour. « Tout le monde connaît Coco ! Alors, si j’acceptais ce rôle, j’avais tout intérêt à être à la hauteur, raconte la jeune femme, le regard fixé sur le travail des danseurs, Bébé, tu vois là sur cette partie de la ceinture, serre un peu plus ! ». Rita s’excuse avant de reprendre. « Le plus difficile, c’est de comprendre ce qu’il a dans la tête. Je suis fière d’avoir réussi ! J’ai beaucoup appris avec lui et j’espère que ça va continuer ».
 

Une leçon d’histoire

 
Rita n’est pas la seule a avoir profité du savoir du maître. Pour les danseurs de la troupe, travailler avec ce monstre sacré de la danse, c’est comme apprendre une leçon d’histoire et de culture sur la Polynésie Française. « Les costumes sont souvent bizarres, au début on ne comprend pas, on réchigne un peu à les porter car on se dit qu’avec ça on ne gagnera jamais, s’amuse Alizée, une jeune danseuse de 22 ans qui fait partie de la base de la troupe, Mais Coco nous explique leur sens dans l’histoire, du coup, on sait pourquoi on les porte et on l’accepte ».  Il en va de même pour la danse. Chaque pas, chaque geste est expliqué par Coco. « Avec lui, on apprend la base, la profondeur. On découvre ce que Aparima ou Otea veut dire, confie Manuia, 33 ans, qui a déjà fait plusieurs Heiva au sein de différentes troupes, Avec celle-ci, c’est différent, on porte la culture, le patrimoine. On est un peu à part, hors catégorie ». D’ailleurs Coco ne le cache pas, il le revendique, même :  « Au Heiva, j’y vais pour préserver notre culture pas pour gagner », affirme l’homme dont les récompenses en cinquante deux ans de Heiva ne se comptent plus. « Le plus beau cadeau, c’est de voir les danseurs suer, pleurer... Bref, de les voir se donner à 100 % sur scène, le jour J ». Ce cadeau, la troupe le lui a offert, vendredi soir.  Une émotion qu’ils ont, aussi, partagé avec le public de To’ata.

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