IVG : un projet de loi pour permettre aux sages-femmes de la pratiquer

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Loi modification IVG
©campagne CME

Depuis 2001 au fenua, la loi permet à toutes les femmes enceintes, majeure ou mineure, qui veulent avorter, de demander à un médecin de le faire. C'est l'IVG. Mais depuis 2016 au niveau national, les sages-femmes peuvent aussi la pratiquer. Ici elles le pourront après adaptation de la loi de Pays.

Aménager la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'est-ce que cela signifie ? Premièrement, il s’agit de permettre aux sages-femmes agréées à un établissement hospitalier de réaliser la première consultation médicale.

Deuxièmement qu’elles puissent pratiquer l’IVG médicamenteuse. « L’interruption volontaire de grossesse encadrée par la loi, c’est avant tout la sécurité des femmes. Et les interruptions volontaires de grossesse ne pourront se réaliser que sur les îles où il y a un établissement hospitalier, susceptible de les accueillir en cas de complications », explique Maire Tuheiava, médecin responsable du centre de consultations spécialisées en protection maternelle et infantile. Comme le CHPF, les cliniques, l’hôpital de Taravao, celui d’Uturoa à Raiatea et de Taiohae aux Marquises.

Loi modification IVG
Le docteur Maire Tuheiava. ©Polynésie la 1ere

Troisième point d’aménagement, la suppression du délai de 7 jours entre les 2 consultations préalables à l’IVG. « Il sera maintenu pour les jeunes femmes mineures, puisque celles-ci vont devoir recourir à un entretien non médical, qui lui reste obligatoire. Et cet entretien est aussi systématiquement proposé à toutes les femmes qui sont demandeuses d’une interruption volontaire de grossesse », ajoute Maire Tuheiava.

Selon la CPS, durant les 10 dernières années, en moyenne 1 000 avortements par an sont pratiqués. Et 10% d’entre eux concernent des mineures âgées entre 16 et 18 ans.

Loi modification IVG
Pendant l'échographie. ©Polynésie la 1ere

« Et c’est peut-être plus facile pour les femmes d’aller aussi vers une sage-femme », souligne Minarii Chantal Galenon, présidente de la fédération de 18 associations féminines de Polynésie française. « Déjà que si on a des représentants, des sages-femmes à Taiohae, à Uturoa, à quelques points donc dans les îles éloignées, c’est une grande avancée. Déjà de leur donner le pouvoir de le faire. Parce que jusqu’à présent ce ne sont que les médecins qui ont le droit de le faire. »

Une possible évolution, pour une loi appliquée en Polynésie depuis 2002.