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L'hommage de François Hollande à Pouvanaa a Oopa

Francois Hollande, a volontairement modifié son programme pour se rendre sur la tombe de Pouvanaa a Oopa. Un geste fort et symbolique, non seulement pour la famille du "Metua" mais aussi pour tous ceux qui réclament depuis des années, la réhabilitation complète et totale de celui-ci.

Un geste fort et symbolique. © Polynésie 1ère/I.Tahiata
© Polynésie 1ère/I.Tahiata Un geste fort et symbolique.
  • E.Tang/I.Tahiata/S.Favennex
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Le moment est symbolique, le geste est fort. Pour commencer sa visite officielle de 24 heures en Polynésie française, François Hollande s’est tout d’abord rendu dès 6h30 au cimetière de l’Uranie, à Papeete. Le président de la République a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe de l’homme politique Pouvanaa Oopa, né en 1895 à Huahine et décédé en 1977 à Papeete. L’homme a incarné le rêve de l’émancipation tahitienne et est devenu une légende en Polynésie française.
Pouvanaa Oopa gît, entouré de son fils et de sa femme. Sur sa pierre tombale, on peut lire : « Engagé volontaire 1914-1918, sénateur de Polynésie ». 

"La France...me rendra justice"

#HollandeTahiti - L'hommage à Pouvanaa a Oopa - PLUS D'INFOS, SUIVEZ NOTRE LIVE MINUTE PAR MINUTE sur www.polynesie1ere.frLe President de la Republique , Francois Hollande a volontairement modifié son programme pour se rendre sur la tombe de Pouvanaa a Oopa.Un geste fort et symbolique, non seulement pour la famille du "Metua" mais aussi pour tous ceux qui réclament depuis des années maintenant, la réhabilitation complète et totale de celui-ci.Certains y verront, sans doute là, l'annonce de la révision du jugement de 1959 ou pour le moins, les prémices d'un "mea culpa" sincère de la France.La France... Celle pour qui, il a fait la guerre de 14-18, celle contre qui, il s'est opposé quant à sa politique dans le Pacifique Sud et surtout celle, à cause de qui, il a été emprisonné pendant 8 ans et exilé hors de la Polynesie pendant près de 15 ans... Jugé coupable d'avoir voulu, par son discours, incité la population à brûler Papeete.De son vivant, Pouvanaa a Oopa a toujours clamé son innocence et cela jusqu'à son décès en 1977.Sa foi en la République et ses valeurs dont la devise est "Liberté, Égalité, Fraternité" n'a jamais été ébranlé.-"La France est une grande nation, et c'est pour cela qu'elle me rendra justice" disait Pouvanaa a Oopa. Il n'avait sans doute pas tort.

Posté par Polynésie 1ère sur lundi 22 février 2016


Certains y verront, sans doute, l'annonce de la révision du jugement de 1959 ou pour le moins, les prémices d'un mea culpa sincère de la France.
La France, celle pour qui il a fait la guerre de 14-18, celle contre qui il s'est opposé quant à sa politique dans le Pacifique Sud et surtout celle, à cause de qui, il a été emprisonné pendant 8 ans et exilé hors de la Polynesie pendant près de 15 ans. Jugé coupable d'avoir voulu, par son discours, incité la population à brûler Papeete.
De son vivant, Pouvanaa a Oopa a toujours clamé son innocence et cela jusqu'à son décès en 1977. Sa foi en la République et ses valeurs dont la devise est "Liberté, Égalité, Fraternité" n'a jamais été ébranlée.
-"La France est une grande nation, et c'est pour cela qu'elle me rendra justice" disait Pouvanaa a Oopa. Il n'avait sans doute pas tort.

Condamné à 15 ans d’interdiction de séjour


Cette visite de François Hollande sur la tombe de celui qui est encore considéré comme le Metua, le père de la nation, s’apparente très fortement à une « réhabilitation politique » de ce dernier. Nombre de Polynésiens attendent de François Hollande une reconnaissance nationale. 
L'engagement politique de cet homme est né de l'injustice qu'il constatait à l'époque du système colonial. Sa voix fut la première à s'élever pour dénoncer les mesquineries et exactions du système colonial. 

Ancien député et sénateur de la Polynésie française, accusé d’avoir voulu incendier toute la ville de Papeete, Pouvanaa a Oopa a été condamné le 21 octobre 1959 par la Cour criminelle de Polynésie française à 8 ans de réclusion criminelle et à 15 ans d’interdiction de séjour pour complicité de tentative de destruction d’édifices par provocation, aide, assistance et fourniture de moyens et pour détention d’armes, avant d’être gracié en 1966. 

Promesse d'une réouverture du dossier


Pouvanaa Oopa a toujours demandé sa réhabilitation, soit la révision du jugement de 1959. Mais il n'a pas pu l'obtenir de son vivant. Par la suite, une demande de révision par ses descendants déposée en 1988 a été rejetée par la Cour de cassation en 1995. Les descendants directs étant aujourd’hui décédés, la demande de révision ne peut émaner que du ministre de la Justice. En 2012, Nicolas Sarkozy, encore président de la République, annonçait l'ouverture du fonds d'archives. Lors de la campagne présidentielle, François Hollande promettait quant à lui la réouverture du dossier. 

Le 15 février 2013, l'Assemblée de Polynésie française a voté  à l'unanimité une motion en faveur de la révision du procès. La garde des Sceaux, alors Christine Taubira, a finalement saisi le 18 juin 2014 la commission de révision des condamnations pénales d’une requête en révision de cette condamnation.

Tombe de Pouvanaa a Oopa © Polynésie 1ère
© Polynésie 1ère Tombe de Pouvanaa a Oopa

Sandro Stephenson, petit-fils de Pouvanaa a Oopa, n'a pas souhaité s'exprimer après son entretien entre le chef de l'Etat et lui. Mais il a été très ému par le geste de Francois Hollande.

Très sollicité, son petit-fils ne s'est pas exprimé. © Polynésie 1ère/I.Tahiata
© Polynésie 1ère/I.Tahiata Très sollicité, son petit-fils ne s'est pas exprimé.

Les descendants de Pouvanaa avec un représentant de l'Etat en Polynésie française. © Polynésie 1ère/I.Tahiata
© Polynésie 1ère/I.Tahiata Les descendants de Pouvanaa avec un représentant de l'Etat en Polynésie française.

En marge de l'hommage du président à Pouvanaa, une quinzaine de manifestants de l'association 193 ont attendu en face du cimetière de l'Uranie. Cimetière auquel ils n'ont pas eu accès. Mais cela ne les a pas empêchés d'entonner un chant pacifiste. De sa voiture, le président de la République les a salués en quittant le cimetière. Comment faut-il interpréter ce geste ? En "un geste positif", espère l'association 193.

Le président les a aussi salués. © Polynésie 1ère/V.Tauotaha
© Polynésie 1ère/V.Tauotaha Le président les a aussi salués.







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