Le SWAC du CHT fonctionnel début décembre

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SWAC hôpital / CHT
©Polynésie la 1ère
Il est presque prêt. Le SWAC de l’hôpital de Taaone devrait être mis en service d’ici la fin de l’année. Il ne reste plus qu’à faire la jonction entre le réseau du SWAC et celui de l’hôpital. Une fois installé, ce SWAC serait alors le premier du genre au sein de la République.

C'est l’antre du dispositif... Tout se passe dans ce local sous terre, situé à Aorai Tini Hau, où a été mis en place un système innovant : le SWAC (Sea Water Air Conditioning). Son but : utiliser l’eau de mer comme source froide pour alimenter la climatisation. "L’eau de mer arrive depuis 900 mètres de profondeurs et passe dans les canalisations jusqu'aux pompes pour arriver dans les échangeurs. C'est ici ensuite que tout se passe, c'est là où se fait le contact entre l'eau douce et l'eau de mer et où le froid se fait. L'eau de mer est ensuite rejetée dans le lagon", explique Pierre Boscq, chef de service des énergies.

Il aura fallu pas moins de deux ans de travaux pour arriver à ce résultat. Un premier test a été réalisé en août sur ce circuit primaire, un test réussi. Mais pour que le système puisse être efffectif, il reste encore une étape : la jonction entre le réseau du dispositif et celui du centre hospitalier de Taaone. "Aujourd'hui, il nous reste plus qu'à connecter les deux réseaux pour que l'eau glacée du SWAC puisse alimenter le CHPF. On va juste mettre une bride qui va permettre de joindre les deux réseaux." précise Teumere Mu, chef de service technique du CHT. L'opération se fera de nuit en novembre et ne durera que quelques heures. 

Le plus grand du monde

 

Après six mois de retard lié la crise sanitaire, la mise en service est prévue pour début décembre. Ce système alimentera les 1600 climatiseurs de la structure hospitalière. S’il a coûté 3.7 milliards de Fcfp, dont une grande partie a été financée par le Pays, ce système devrait permettre à l’hôpital de faire d’importantes économies. "Il va réduire d'un tiers l'empreinte carbonne puisqu'aujourd'hui l'établissement est le plus énergivore de la Polynésie. Nous allons bien sûr dans l'accompagnenment de la politique de transition énergétique du Pays pouvoir diminuer cette empreinte carbonne et donc faire des économies d'électricité qui vont également se traduire par un allégement de nos charges d'exploitation. Nous estimons à 100-120 millions de Fcfp à l'année les économies et les coûts qui seront supportés en moins par l'établissement du point de vue de sa consommation d'énergie", explique Claude Panero, directrice de l'hôpital.

Le retour sur investissement est prévu sur 10-15 ans et la durée de vie du dispositif est estimée à 30 ans. En attendant, une fois installé, ce SWAC commercial sera le plus grand du monde. Et l’hôpital, pionner dans ce type d’innovation.