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Location de voitures : un marché qui attire les particuliers

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Location de voitures: un marché qui attire les particuliers
Location de voitures: un marché qui attire les particuliers ©Polynesie La1ere
Deux cents sociétés sont recensées en Polynésie. Aujourd'hui, les particuliers se lancent dans ce marché juteux sur les réseaux sociaux. Une réussite due à des prix compétitifs, parfois sans caution.
Cela n'est pas passé inaperçu. Le marché de la location courte durée est plus dynamique. Grâce au boom touristique et des avantages fiscaux, des particuliers se sont lancés dans cette activité particulièrement juteuse. 
 

200 sociétés recensées au fenua


Il y a encore 10 ans, seules quelques sociétés se partagaient le marché : Avis, Hertz et Europcar. La première étant une filiale de la société Tahiti Automobile, la seconde est détenue par le concessionnaire automobile Sopadep. Depuis 5 ans, plusieurs structures se sont lancées le défi de les concurrencer. Parmi ces dernières, Eco Car. Elle ouvre ses portes en 2014, face à l'aéroport de Tahiti-Faa'a. Un lieu stratégique. Il y a 5 ans, Stéphane Kierzek, son gérant, démarre dans la location courte durée.
 

"A l'origine, c'était un besoin sur le marché. Le marché était très fermé. Nous avons décidé d'ouvrir cette agence en famille, avec nos enfants, de façon à le développer, et d'apporter aux polynésiens une possibilité de louer des voitures à des tarifs très compétitifs."


Car cette année là encore, les plus vieilles enseignes pratiquaient des tarifs excessifs, en visant les touristes principalement. Stéphane Kierzek, lui, choisi les locaux et les visiteurs, en proposant des prix accessibles à tous les portefeuilles. Aujourd'hui, il possède une centaine de voitures, et dirige une quinzaine d'employés. 
 

Le marché local, meilleur potentiel


Fort de ce constat, plusieurs particuliers tentent alors l'aventure. Simples patentés ou petites sociétés, les structures se sont multipliées à vitesse grand V. Sur 200 sociétés répertoriées, 50 d'entre-elles se sont ouvertes cette année. En mai 2019, Joël Teariki décide de monter la sienne. 
 

" J'ai regardé une vidéo sur YouTube, en France, un homme loue des voitures sur des plateformes en ligne, et il encourage les personnes à se lancer dans cette activité. Il dit simplement : faites une une annonce fictive sur Facebook avec la photo d'une voiture en précisant les prix et les conditions, et vous verrez si cela fonctionne ou pas ! Et c'est ce que j'ai fait ! "


Avec seulement 300.000 Frc en poche, il débute avec un seul véhicule. La formule de sa réussite : la location à des prix attractifs, sans caution et accessible aux jeunes conducteurs. 
 

" Cela plait beaucoup ! Mais si on fait du sans caution et on autorise les jeunes conducteurs à louer un véhicule, c'est surtout pour le marché local. Les touristes n'en ont pas besoin, ils ont des cartes de crédit, ils ont tout ce qu'il faut. Alors c'était surtout pour en faire profiter les habitants de Tahiti "


Aujourd'hui, Joël Teariki possède six véhicules dans son parc automobile, souvent désert, notamment les fins de semaine. " J'ai payé 8. 900 Frc la location pour une journée. C'est un tarif abordable, pour le modèle de véhicule ", lance une cliente, " Il s'adapte à nos besoins, et c'est ce que j'apprécie. ", nous dit un autre. 
 

Les réseaux sociaux, leur point en commun 


Si il y a encore 10 ans, il était nécessaire de posséder un annuaire pour connaître les entreprises présentes sur le marché, et un téléphone pour obtenir les tarifs, aujourd'hui Facebook réduit les temps de recherche. Ce réseau social est une véritable vitrine sur le web et le mobile, et permet de communiquer avec des clients existants et potentiels. Il est donc devenu un outil efficace pour la publicité en ligne. A Tahiti, le choix est donc à portée de clic. 

" C'est moins cher et plus facile. En ouvrant une page facebook, tu peux réellement faire quelque chose qui te ressemble. Cela te permet aussi d'avoir des retours positifs ", se satisfait Joël Teariki. 
 

Une activité encadrée depuis 2014 


C'est une délibération du 29 juillet 2014 qui régit cette activité. Parmi les obligations auxquelles doivent se soumettre les loueurs, l'installation d'un disque réflectorisé de couleur orange, le fameux macaron, à l'avant et à l'arrière pour les voitures, et à l'arrière seulement pour les engins à deux roues. Interdiction également de louer des véhicules âgés de plus de 5 ans. Les véhicules de location accidentés ne pourront être remis en circulation qu'après avoir subi une révision complète et avoir obtenu l'accord de l'assureur. 

Délibération pour la location de véhicules à courte durée


Cercle vertueux 


200 loueurs se partagent ce marché en pleine croissance, et ce grâce à la conjonction de plusieurs phénomènes, à commencer par la hausse de la fréquentation touristique. Les grandes enseignes profitent elles aussi de cette augmentation d’activité en agrandissant sensiblement leurs parcs automobiles. Une croissance soutenue aussi par des avantages fiscaux. Les loueurs bénéficient, en effet, de la défiscalisation métropolitaine, en respectant des critères : 
- les activités doivent être enregistrées sous le code « 77.11Z : Location de courte durée de voitures et de véhicules automobiles légers »,
- la location de courte durée = contrats de location < 1 mois, ce qui sera contrôlé par sondage chaque année par le cabinet de défiscalisation,
- l’exploitant bénéficie d’un apport defiscalisation = à 25% de la valeur HT du véhicule,
- il s’engage à exploiter pendant 4 ans le matériel dont la carte grise sera établie au nom de la société de défiscalisation,
- au terme des 4 ans, l’exploitant récupère la propriété du véhicule.
 

"Il y a de la place pour tout le monde" 


Impossible de savoir si le marché est saturé. Mais selon les interviewés, "il y a de la place pour tout le monde". 
 

" Effectivement il y a de la place pour tout le monde, à partir du moment où l'on est rigoureux dans la durée, que l'on a envie de travailler, y compris le dimanche. Il faut rester sérieux et rigoureux dans la longueur, et ne pas compter son temps, ni son engagement. ", Stéphane Kierzek, gérant de Eco Car. 


Reportage de Aiata Tarahu et Patita Savea.
 
Location de voitures: un marché qui attire les particuliers
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