5 ans de prison dont 3 avec sursis pour le mari qui battait sa femme qui le défend !

justice polynésie française
cour d'assises mari violent
Une éniène affaire de violences conjugales où cette fois, la femme battue a apporté son soutien à son mari agressif. ©Polynésie la 1ère
Le prévenu de 57 ans qui comparaissait depuis hier aux assises écope de 5 ans de prison dont 3 avec sursis mais sans mandat de dépôt. Poursuivi pour violences suivies d'infirmité permanente sur sa compagne, il reconnaît et regrette les faits, mais estime que tous deux sont responsables ! La victime, très dépendante de son conjoint, affirme qu'il avait raison de la battre ! Un dossier délicat pour les avocats des deux parties.

Quelques gifles de temps en temps sur fond d’addiction à l’alcool. C’était le quotidien de Jacques et Juliette. Mais ce 29 décembre 2019, Jacques perd le contrôle et roue de coups sa compagne.

Résultat : perte partielle de la vision et épilepsie. La victime très dépendante de son conjoint n’hésite pas à le protéger. C’est son fils qui portera plainte. L’avocate de Juliette n’excuse pas pour autant la violence. "Il n'y a aucune raison qui ne puisse justifier qu'une femme se fasse rouer de coups par son mari. Ou bien qu'elle prenne des paires de baffes comme ma cliente durant plusieurs années. On peut comprendre le geste de quelqu'un, ce qui va permettre de le juger et de trouver une peine adaptée. En revanche, on ne peut absolument pas justifier qu'il y ait ce genre de comportement de la part d'un mari, qui dit aimer sa femme", estime maître Karina Chouini, l'avocate de la femme battue.

assises affaire mari violent
C'est le fils de la victime qui a finalement déposé plainte. ©Polynésie la 1ère

S’il reconnaît sa culpabilité, Jacques affirme qu’ils sont tous deux fautifs. "Il lui fallait 2 bouteilles par jour", dira-t-il au juge. Un dossier atypique pour l’avocate de la défense, qui met en avant un coup de folie. "Lorsqu'on est face à une personne qui est hystérique, malheureusement par moments on en vient à un geste violent pour que cela cesse. Ca n'excuse pas le geste. Il n'y a aucune excuse qui peut légitimer le recours à la violence, mais on ne peut pas faire abstraction des causes", explique maître Solenne Rebeyol, l'avocate de la défense.

Le prévenu ne devrait pas récidiver selon l’expert psychiatre. L’avocat général avait requis tout de même 5 ans de prison dont deux avec sursis. Finalement, le mari est condamné à 5 ans de prison dont 3 avec sursis, sans mandat de dépôt.