Apprendre aux gens à produire de l'engrais de poisson bio et pas cher

agriculture polynésie française
engrais poisson
Dernier ingrédient avant la macération. ©Polynésie la 1ère
Présenter la conception de l’engrais de poisson, c’est le nouvel objectif que se sont donné la CAPL et les formateurs agricoles des communes de Tahiti. Ces derniers se déplacent toute la semaine dans la commune de Faa’a pour présenter aux habitants cet engrais 100% made in fenua.

Bien connu des agriculteurs, l’engrais de poisson sort du lot pour plusieurs raisons : il est accessible à un moindre coût, il est bio donc respectueux de l’environnement et surtout il est presque inodore.

Depuis début 2022, techniciens agricoles et formateurs de la chambre d’agriculture se déplacent dans les communes et dans les îles, afin de former la population à la fabrication de l’engrais de poisson.

Une fabrication à base d’entrailles et de chair de poisson, ce  qui laisse imaginer une odeur des plus insoutenables. Pourtant, c’est loin d’être le cas ! Même après 4 semaines, ce mélange ne sent pas aussi fort que prévu.

engrais poisson
Le produit fini, prêt à être répandu dans les cultures. ©Polynésie la 1ère

 

Hier après-midi, la recette a séduit les habitants de Taromea qui ont fait le déplacement pour découvrir ce nouvel engrais.

« Cette formation c’est une bonne chose, surtout pour les jeunes d’ici, des quartiers, on a besoin d’être formés. Il faut surtout pousser les jeunes à aller planter pour être autosuffisants pour leur famille », explique Teuira Teriitahi, habitant de la commune.

L’élément principal du mélange, le poisson, est riche en azote, ce qui en fait un apport des plus puissants et des plus efficaces.

En plus de ses nombreux avantages, on déboursera l’équivalent de 15 000 cfp pour 200 litres d’engrais de poisson, contre 1200 cfp pour 1 seul litre d’engrais classique.

Intégrer l'agriculture dans les foyers

« On a pour objectif de promouvoir l’agriculture dans chaque foyer pour que chaque population puisse s’alimenter (…) leur donner les bons outils, et les connaissances pour faire de l'agriculture chez eux», confie Malika Urima, technicienne agricole de la commune de Faa’a.

Le président de la chambre d’agriculture, Thomas Moutame, présent lors de la démonstration, a rappelé l’objectif : encourager les habitants à faire du bouche à oreille afin de transmettre cette pratique. « Justement, la difficulté rencontrée c’est qu’à force d’utiliser de l’engrais naturel, le sol commence à s’appauvrir, les gens se tournent alors vers l’engrais chimique. Ce qu’on leur apprend, c’est qu’il existe des engrais naturels comme celui du poisson, qui n’est pas cher et à la portée de chaque famille », précise-t-il.

Regardez le reportage d'Ismaël Tahiata :