Tepure, Moana et leurs deux enfants (sur)vivent avec 80 000 Fcfp par mois

solidarité polynésie française
Tepure Salomon et son mari, devenu invalide suite à un AVC ©Polynésie la 1ère
Les prix à la consommation sont à la hausse depuis plusieurs semaines et les perspectives ne sont pas optimistes pour la suite. Comment s'en sortent les foyers les plus modestes ? Tepure Salomon, son mari et leurs deux enfants vivent grâce à l'allocation aux adultes handicapés du père, la Cotorep.

"La vie est devenue trop chère" déplore Tepure Salomon. La nourriture, les charges... La faute à l'augmentation globale du prix du fret et des matières premières - paraît-il. Pourtant, le prix des produits alimentaires locaux eux aussi ont flambé, pointe Tepure. Dans son foyer, c'est la cotorep - une indemnisation destinée aux personnes atteintes d'un handicap - soit 80 000 Fcfp par mois de son mari, Moana, qui fait vivre la famille. 

Ce dernier, qui a subi deux accidents vasculaires cérébrales, a perdu son autonomie. Sa femme l'accompagne au quotidien. Ensemble, ils ont deux enfants scolarisés. Une lourde charge pour Tepure, qui n'a pas vraiment le temps d'exercer une activité...

Mensuellement, ils doivent soustraire 37 000 Fcfp de charges, comprenant le loyer (30 000 Fcfp) et la facture d'électricité passée de 3 000 à 7 000 Fcfp. Il leur reste donc un peu plus de 40 000 Fcfp chaque mois pour nourrir quatre personnes. Soit une misère. Heureusement, toutes leurs dettes sont soldées, précisent-ils. 

Tepure et Moana survivent grâce aux aides sociales, en particulier celles de l'AISPF - l'agence immobilière sociale de Polynésie française. Malgré les difficultés, le couple reste optimiste : "on connait des gens aussi comme nous, ou pires. Heureusement, on n'est pas à la rue", déclare Moana.  

Le couple est originaire de Fakarava. Evasané pour soigner Moana, ils ne peuvent plus rentrer chez eux. Moana est aujourd'hui sous dialyse, et les soins nécessaires n'existent pas sur l'atoll. Ils sont installés dans un appartement près de l'hôpital.

Retrouvez le reportage de Caroline Farhi et Patita Savea :

©polynesie