Covid, pétrole, inflation...le cocktail détonant pour faire décoller les tarifs aériens

économie polynésie française
aéroport Los Angeles
©Polynésie la 1ère
Dans les airs, les prix des billets d’avion montent en flèche, en particulier pour certaines destination. C’est le cas pour un voyage entre l’Hexagone et les outre-mer. Mais dans ce cas précis, les raisons ne sont pas liées uniquement à la flambée du prix du carburant.

Le 15 avril dernier, la Direction générale de l'aviation civile a fait un état des lieux de la situation économique dans les airs. Le constat est sans appel : les prix des vols entre la France métropolitaine et les outre-mer ont augmenté de 13,5 % 

 Pour l’instant cette augmentation concerne principalement les départements avec en tête La Réunion

 

Air France est le premier à avoir augmenté ses tarifs long-courriers : plus de 4773 cfp en classe économique, et plus de 11 933 cfp en classe affaires. French Bee a augmenté ses billets d’au moins 8%, notamment vers La Réunion. 

 

Ces augmentations restent globalement inférieurs aux niveaux de 2019, selon des chiffres officiels de la Direction générale de l'aviation civile.

Les causes de ces augmentations :

 

- Le covid et la reprise du trafic : les prêts et avances consentis aux compagnies aériennes devront être remboursés à partir de 2024, ce qui passera aussi par de fortes hausses des taxes et redevances.

 

- La flambée du pétrole : en un an, le prix du baril de pétrole a augmenté de 60 à 70%. Et la guerre en Ukraine n'a fait qu'accroître cette hausse. Or le carburant représente plus du tiers du coût d'un vol long courrier. Si c'est plutôt l’offre et la demande qui régissent le tarif des billets, les coûts des carburants comptent pour 20 à 30% des coûts globaux, ce qui veut dire que l’augmentation du prix du pétrole a tout de même un impact très important sur l’ensemble de nos compagnies.

 

- L'inflation qui ne cesse de monter : en Métropole, les prix à la consommation auraient augmenté de 4,8 % en avril 2022, soit 3 points de plus qu’en mars. Cette hausse serait due à une accélération des prix des services, de l'alimentation et des produits manufacturés.

- La taxe carbone européenne qui doit entrer en vigueur de manière progressive à partir de 2023, qui serait de 0,17 à 0,50 euro par litre de kérosène/passager. 

Aéroport Paris
©Jean-Michel Mazerolle

 

La situation de Polynésie

 

- Depuis le 17 mars, Air France a augmenté ses prix pour les OM mais pas encore pour la Polynésie

 

- ATN ne sait pas encore positionné, mais suit de près ce qui se passe et le cours du baril de pétrole, le prix du kérosène. Le sujet du prix des billets est toujours à l’étude. La compagnie surveille le marché pour voir quels seraient les meilleurs dispositifs à mettre en place. La réponse dans quelques semaines. 

 

- French Bee : possiblement avant l’été, et prévoit une augmentation des tarifs "de l’ordre de 15%" pour la Polynésie. Pour cette compagnie, le carburant représente entre 25-30% des coûts. C’est d’abord le tronçon Europe-Polynésie et Polynésie-Europe qui pourrait être concerné par une hausse des prix, puis les liaisons entre la Polynésie et San Francisco.