Le domaine Aneane exceptionnellement ouvert au public deux fois par an

nature polynésie française
Sentier Aneane, 22 mai 2022 ©Polynésie la 1ère / MG
Direction Arue, le temps d’une escapade... À l’occasion du Matarii I Raro, la commune a négocié un passage au sentier Aneane, dont l'accès est limité par un propriétaire depuis 2016. Une centaine de randonneurs a donc pu découvrir ce site dimanche 22 mai 2022.

Dimanche 22 mai, une centaine de personnes se sont donnés rendez-vous au rond-point du col du Tahara'a. La route d'en face, côté gendarmerie, mène vers le départ du sentier Aneane, à la "cité Jay".

Plan de la randonnée, au départ du sentier. ©Polynésie la 1ère / TR

Depuis 2016, l'accès - privé - de ce sentier (appartenant à la commune), est fermé suite à un litige entre le propriétaire (M. Jay) et la municipalité. Mais dimanche, à l'occasion du Matarii I Raro - l'entrée dans la période de "disette" - la commune a négocié un passage. Les randonneurs ont pu découvrir ce site magnifique, sous un soleil radieux et un ciel dégagé. "Ça fait du bien. Pas que pour moi, pour tout le reste de l’équipe aussi. Quand tu respires il n’y a pas de fumée, il n’y a rien du tout, c’est agréable”, se réjouit Joseph Orbeck, un randonneur.

Le sentier nous emmène jusqu'à 1 300 mètres d'altitude. ©Polynésie la 1ère / MG

Cette randonnée de 10 kilomètres a été organisée gratuitement par la commune de Arue. Des secouristes, agents municipaux et guides ont été déployés pour veiller au bon déroulement de la balade. “Pendant tout le cortège, il va falloir examiner des situations dangereuses afin qu’il n’y ait pas d’accidents qui puissent arriver pendant tout ça” explique Emile Tane, agent de la police municipale d’Arue.   

L'heure de la pause déjeuner, au 3e et dernier refuge, le plus spacieux et le mieux aménagé, avant l'ultime descente boueuse, glissante et peu sécurisée. ©Polynésie la 1ère / MG

La marche est accessible, et permet de sensibiliser à l'environnement tout en pratiquant une activité physique. Jacky Bryant, guide du jour, alerte sur l'importance e protéger cette nature. “Si nous, on peut sensibiliser tous ceux qui sont montés pour participer au nettoyage, à la destruction des plantes invasives, et que l’on puisse reconstituer le parc naturel, ce serait top. On a déjà essayé de planter mais on a quelques difficultés, parce-que les cochons sauvages ne nous aident pas à maintenir nos plantes”, décrit-il. 

Le miconia est plante invasive introduite en 1937. ©Polynésie la 1ère / TR

Parmi ces plantes invasives, le miconia (introduite en 1937) prend de plus en plus de place dans les montagnes du Fenua. Et parmi celles qui disparaissent : le pandanus (fara). C'est pourquoi 50 pieds de pandanus ont été plantés dimanche par les randonneurs, à l'initiative de la commune. Cette espèce est très recherchée pour la résistance de ses feuilles, utilisées pour la construction des toitures. 

50 plants de pandanus ont été plantés par les randonneurs, dimanche 22 mai 2022. ©Polynésie la 1ère / TR

Tout le long de la balade, Jacky Bryant a fait découvrir ou redécouvrir aux randonneurs les trésors de la nature. Toutes les plantes endémiques ont leur utilité. Le pūrau, par exemple : la sève de ses feuilles peut être utilisée comme cataplasme pour stopper l'hémorragie d'une blessure. 

La sève des feuilles de pūrau peut servir de cataplasme. ©Polynésie la 1ère / TR

Le sentier rouvre en novembre, pour le Matarii I Ni'a. La commune a négocié un passage deux fois par an, lors du passage entre les deux saisons… En attendant, le domaine peut être encore mieux aménagé et sécurisé.