Amateurs de cinéma, de théâtre, de réflexion, d'échanges et de divertissement. Pendant trois semaines, le festival Te Vevo va proposer une programmation riche et variée, avec trois films, trois spectacles et des débats pour approfondir les thématiques abordées. Il y aura la surdité, le pouvoir ou encore la dépendance aux technologies. Pour parler de ce festival, nous avons reçu dans le journal, Catherine Schaub, metteuse en scène du spectacle "Le Village des Sourds"
Interiview :
Bonsoir, ce sera le premier spectacle de ce festival sur le thème du langage. Le Village des Sourds, c'est l'histoire d'une petite fille de 14 ans qui vit au Pôle Nord et qui est sourde. Elle communique grâce à la langue des signes. Il y a un élément déclencheur qui va perturber la vie de son village. Est-ce que vous pouvez nous faire la suite du pitch ?
Oui, c'est donc un village qui est un pays imaginaire qui se trouve près du Pôle Nord et où les gens sont très proches de la nature, un peu comme ici, sauf qu'il y fait très froid. Un jour, un marchand arrive sur la place du village et distribue des catalogues avec des objets qu'ils ne connaissent pas. Comme ils n'ont pas d'argent, ils proposent d'acquérir ces objets contre des mots. Une fois qu'ils ont vendu leurs mots, ils ne peuvent plus les réutiliser. Du coup, on pose la question de l'appauvrissement du langage.
Justement, l'appauvrissement du langage, l'identité culturelle, qu'est-ce qui ressort derrière ce spectacle, finalement ?
Ce qui ressort, c'est que les mots sont nos trésors. Donc, il faut les protéger, il faut s'en servir. Par exemple, dans ce pays imaginaire, ils ont un nombre incalculable de façons de décrire le blanc. Ils ont le blanc cru, le blanc squelette. Ils ont tout un tas de nuances. Ils ont 17 synonymes du mot « joyeux ».
" C'est un conte familial. On assiste à une veillée. Les enfants peuvent venir. C'est vraiment une sorte de tradition de l'oralité. "
Catherine Schaub, metteuse en scène du spectacle "Le Village des Sourds"
Vraiment, ces deux personnages, parce qu'ils sont deux sur scène, il y a Ariana-Suelen Rivoire et Jérôme Kircher. Ces deux personnages racontent cette histoire, l'histoire de leur village, en deux langues : la langue des signes et la langue française, qui se mélangent. Ils créent une langue hybride à tous les deux pour essayer de conter cette histoire.
C'est un conte familial. On assiste à une veillée. Les enfants peuvent venir. C'est vraiment une sorte de tradition de l'oralité. J'ai hâte de voir comment les Polynésiens vont percevoir ça. Je pense qu'il va y avoir beaucoup d'échos.
Au niveau des récompenses prestigieuses au cinéma, on a les Césars en France, il y a les Molières pour le théâtre, et le texte de cette pièce a été récompensé, nommé Léonore Confino, qui est l'autrice.
Oui, une autrice qui est assez connue en France, et qui a été nommée plusieurs fois aux Molières, et dont pour ce texte-là.
La forme du Festival TVVO, j'aimerais avoir votre avis là. Cette année, on a le langage, le pouvoir et le progrès, ce sont les trois thèmes choisis, projections de films, spectacles, débats. Qu'est-ce que vous pensez de la forme de ce festival ?
" Esthétiquement, le Village des Sourds, c’est très très beau dans la scénographie, le plateau étant léger, il y a un igloo, donc on propose vraiment des univers "
Catherine Schaub, metteuse en scène du spectacle "Le Village des Sourds"
Je trouve ça absolument fabuleux, parce qu'en fait, ce qui est véhiculé par rapport à ça, est véhiculé sous des formes différentes, mais avec quand même une thématique générale, l'envie de se poser des questions, de réfléchir ensemble. C'est vrai que le choix des spectacles, esthétiquement, le Village des Sourds, c’est très très beau dans la scénographie, le plateau étant léger, il y a un igloo, donc on propose vraiment des univers, avec le pouvoir, il y a une marionnette, il y a un autre univers, une autre esthétique. Donc c'est vraiment une façon de poser des questions, tout en voyant des œuvres qui sont belles esthétiquement.
Quatre représentations sont prévues au petit théâtre de la maison de la culture.