Les aides-soignants polynésiens dans l'impasse

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Institut Mathilde Frébault
L'Institut Mathilde Frébault. ©Patita Savea/Polynésie la 1ère
Ils sont fraîchement diplômés de l'Institut Mathilde Frébault, mais leur situation est précaire. Pas de CDI et leur diplôme territorial les empêche aussi d'exercer ailleurs. Un destin difficile à accepter pour les 23 aides-soignants.

Ils sont diplômés de l'Institut Mathilde Frébault depuis cette année, mais leur situation reste précaire. Pas de CDI, seulement des postes temporaires, pas de possibilité d’exercer en libéral, et pour couronner le tout, leur diplôme territorial les empêche aussi d'exercer ailleurs. Un destin difficile à accepter pour les 23 aides-soignants.

Enchaîner les contrats courts

Le ministre de la Santé, Jacques Reynal, les a rencontrés il y a deux semaines pour discuter du problème. Ce vendredi 19 août, ils ont été reçus par plusieurs cadres de santé au CHPF. Si des solutions sont proposées, elles restent provisoires. A la sortie, Jean Tuihaa a Utia, aide-soignant, ne cache pas son incertitude : “Ils nous ont présenté des possibilités d’avenir à court et à long terme. Mais malgré tout, je ne vais pas vous dire qu’elle aie répondu à 100%, mais ils nous ont répondu.

Pour Patea Anania, directeur de la coordination et de l’offre de soins, l'objectif est déjà de  pouvoir proposer un contrat de travail : “On va leur proposer peut-être des contrats à durée déterminée [...] et permettre à nos aides-soignants de maintenir leurs compétences et ainsi capitaliser la formation dont ils ont pu bénéficier.

Saisir toutes les opportunités

Les candidatures sont déposées. Cinq aides-soignants ont d’ores et déjà été embauchés. Océane Holman va par exemple intégrer le pôle chirurgie pendant un an. Mais rien de durable : "D’ici 5 à 10 ans, on aura le prochain concours de la fonction publique. En attendant, on va devoir se trouver des contrats dans le privé. Pas évident car nous sommes 23. Mais on va se partager le secteur, c’est tout ce qu’on peut faire. Avec les camarades on va se concerter. Qui est apte, qui peut aller dans tel secteur [...] on va voir qui a besoin de travailler tout de suite.” 

Et avec un diplôme territorial, pas moyen d’exercer ailleurs qu’en Polynésie. Mais les cadres de santé l’assurent, les jeunes diplômés ne seront pas laissés de côté. “Nous avons des structures qui sont réparties sur l’ensemble de la Polynésie française, explique Merehau Mervin, directrice de la santé, et donc avoir l’opportunité de pouvoir pré-identifier leur souhait d’affectation nous aidera dans l’éventuel recrutement que l’on pourra faire aboutir d’ici quelques mois.