Mission aux Tonga : un geste solidaire mal accueilli

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Le Tahiti Nui en mission humanitaire aux Tonga ©Polynésie la 1ère
Le Tahiti Nui, parti distribuer des vivres aux Tonga après la violente éruption et le passage du tsunami le 28 janvier dernier, est resté amarré au quai durant toute la mission humanitaire. Les passagers ne s'attendaient pas à un tel accueil.

Ils s’étaient embarqués avec l’espoir de voir leurs familles, ils n’auront vu de leur île natale que Nuku Alofa sous la pluie. Certains devaient voir une mère, des frères et sœurs, ou se recueillir sur la tombe d’un père récemment décédé. Ils sont tous privés de Tonga depuis deux ans avec l’arrêt des liaisons aériennes. Ils ont relativisé, mais leur chagrin a été perçu par tous à bord.

Le 28 janvier dernier le bateau de la flottille administrative piloté par le capitaine Gilles Maifano est chargé de 166 tonnes de dons. Vivres, citernes d’eau, bâches, vêtements : une fois encore la solidarité Polynésienne s’est exprimée dans toute sa générosité. 

Cinq jours plus tard : grosse déconvenue en arrivant à Nuku Alofa, la capitale. Le Tahiti Nui n’est pas bienvenu. Les autorités tongiennes ont décrété un confinement en raison de l’apparition de cas de covid. Une attente pénible commence alors : les marchandises mettent cinq jours à être débarquées et les containers rendus. Ce sont les marins du bord qui effectuent le gros du travail face à l’immobilisme Tongien. Le premier ministre se déplacera, mais restera au loin. Même la patience du plus diplomate des émissaires a été mise à mal.

En tout, quinze jours d’un long voyage pour aller porter secours à un pays gravement touché par un tremblement de terre et un tsunami. Un vrai geste désintéressé. 

Le reportage de Brigitte Olivier et Heidi Yieng Kow :

©polynesie