Vaccination des élus, une obligation plus morale que légale

coronavirus polynésie française
Tearii Alpha et Gaston Tong Sang ne sont pas encore vaccinés. ©Canva
Plus de 470 personnes ont fait l’objet de contrôles par l'ARASS depuis la semaine dernière. Qu'en sera-t-il pour les élus non vaccinés ? Le président du Pays a assuré qu'ils seront sanctionnés même s'ils ne seraient, en fait, pas directement concernés par cette loi.

L’obligation vaccinale est en vigueur depuis mi-décembre 2021. Les contrôles par l’ARASS ont commencé la semaine du 17 janvier 2022. Plus de 470 personnes ont déjà fait l’objet de ces contrôles sachant que les contrevenants devront payer 80 000 cfp d'amende, s'ils ne sont pas en mesure de présenter au moins une dose de vaccin dans un délai d'un mois.

Mais la question que beaucoup se pose concerne les élus. Qu'en sera-t-il par exemple pour Tearii Alpha et Gaston Tong Sang, qui ont voté pour cette loi, mais ne sont pas vaccinés ? Sont-ils assujettis à cette obligation ?

Le discours du Président Fritch est clair. Les élus non vaccinés n’échapperont pas à la sanction. Sauf que dans les faits, on navigue en eau trouble. Selon le texte de loi, les élus ne sont pas soumis à l’obligation vaccinale. L’ARASS ne fera pas de contrôle, il ne peut donc y avoir de sanction.

Reportage de Suliane Favennec


Alors, la question se pose à un autre niveau : celle d’une obligation de moralité et du devoir de l’exemplarité, principe même de la fonction de politique. Un choix personnel décrié par une majorité.

La carte de la compétence suffit-elle à faire fi du devoir moral du politique ? Pour l’opposition, il est surtout question d’un enjeu électorale à quelques mois des législatives.

Tranchera-t-il ou pas ? Quoiqu’il en soit le pass vaccinal, qui entrera bientôt en vigueur au fenua - aux alentours du 7 février 2022 - réglera la question. Les élus seront dos au mur. Sans pass vaccinal, il sera difficile pour eux de remplir pleinement leur fonction.