Procès de la SEP : les frais de communication à la loupe

justice polynésie française
Procès affaire de la SEP.
Procès affaire de la SEP. ©A.M.
Les réquisitions du parquet sont attendues, ce mercredi, dans l’affaire de la SEP. Hier, les magistrats ont examiné les frais de communication de la Société Environnement Polynésien. Appelés à la barre du tribunal correctionnel, Karl Meuel, l’ancien directeur de la SEP, puis Hubert Haddad, patron du groupe 2H, ont donné leur version des faits.

Depuis lundi, huit prévenus comparaissent devant le tribunal correctionnel dans ce dossier de détournements de fonds publics et corruption. Hier, les magistrats ont examiné les relations entre 

Entre 2003 et 2008, les frais de communication de la SEP ont été pratiquement multipliés par 7. Karl Meuel a justifié cette dépense par la nécessité d’éduquer les Polynésiens aux gestes du tri des déchets.

Une communication tellement intense que les téléspectateurs se sont plaints, ils n’en pouvaient plus de la tortue leur expliquant la différence entre le bac vert et le bac gris. Un directeur de chaîne de télévision a même demandé l'arrêt de la campagne.

" C’était une communication nécessaire " s’est défendu, plus de 10 ans après, l’ancien directeur de la Société Environnement Polynésien. Alors que la Chambre territoriale relevait une discordance entre les sommes dépensées et l'efficacité de la campagne, hier, Karl Meuel a indiqué qu'en 2005, une étude avait conclu le contraire.

Gadgets publicitaires, campagne publicitaire dans les médias, tous les marchés passaient par le groupe 2H. Hubert Haddad, le patron, a expliqué à la barre du tribunal correctionnel que sa société avait l’exclusivité des marchés, il était donc impossible de ne pas passer par elle.

Pourquoi les budgets ont été augmentés au fil des ans ? Là aussi, l’homme d’affaires a fourni une explication. Ce sont les médias qui fixaient les prix, des prix qui n’étaient pas négociables et qui pouvaient être augmenté de 10 à 20% d’une année à une autre. Les bénéficiaires de l’opération étaient, toujours selon Hubert Haddad, les médias qui récupéraient 80% de la facture.

Pendant l'audience, Hubert Haddad a nié avoir donné à Karl Meuel de l’argent pour que la SEP passe par ses sociétés de communication. " Les clients étaient sur liste d’attente, on n’avait pas besoin de les acheter ", a-t’il expliqué. L'homme d'affaires a eu cette petite phrase à propos Karl Meuel « C’est un monsieur qui semblait toujours avoir besoin d’argent ». 

Aujourd'hui, l'avocat du Pays et de Fenua ma, parties civiles dans ce dossier, plaidera. Viendront ensuite les réquisitions du parquet et les plaidoiries des avocats de la défense.