Le phénomène la niña affaiblit le risque cyclonique en Polynésie

cyclones polynésie française
Risque cyclonique modéré
©Météo France
Pour la saison chaude 2021-2022, le risque cyclonique est modéré aux Australes, au sud des Tuamotu et aux Gambier, faible pour les autres îles et peu probable aux Marquises. Lors de la précédente saison chaude, aucun des six phénomènes recensés dans la région n'a heureusement touché la Polynésie.

Le risque est faible à modéré de voir un cyclone s'abattre sur la Polynésie pour la prochaine saison chaude. En cause, la présence du phénomène la niña.

De novembre 2020 à avril 2021, le Pacifique sud a été le siège d’une Niña qui a maintenu l’activité cyclonique à l’ouest du bassin et restreint à l’est l’activité de la ZCPS (Zone de Convergence du Pacifique Sud). Au cours de cette saison chaude, six phénomènes nommés, dépressions ou cyclones, ont évolué à l’ouest du 160° ouest de longitude, épargnant ainsi la Polynésie française.

Cependant la faible activité de la ZCPS amplifiée par le renforcement de la ceinture anticyclonique de Pâques et de Kermadec ont généré un déficit pluviométrique généralisé sur la Polynésie française.

Océan plus frais

 

En période la niña, l’activité orageuse est plus importante que la normale en Polynésie française. Ainsi, les orages du mois de novembre sur la Société et les Australes ont engendré localement des cumuls en 24 heures importants : le 3 à Tubuai (210 mm) – le 5 à Moorea (215 mm) – le 9 à Bora Bora (70,1 mm).

Au cours des derniers mois, après un bref passage en seuil neutre, les températures de surface de l’océan Pacifique équatorial commencent à nouveau à se refroidir, annonçant le développement d’une Niña. Ce phénomène qui s’est amorcé en juillet est prévu se poursuivre au cours des prochains mois et rapidement atteindre son stade mature avant de revenir à des conditions neutres en seconde partie de la saison chaude. Ce scénario de transition d’une phase La niña à neutre est le consensus pris à 70 % par les centres climatologiques du Pacifique.

Risque modéré sur les Australes, le sud des Tuamotu et les Gambier


Au cours de la phase la Niña, les modèles s’accordent à circonscrire le réservoir d’eau chaude à l’ouest du Pacifique, réduisant ainsi le risque cyclonique sur la Polynésie française. Toutefois ce risque devient plus présent en seconde partie de saison chaude, notamment sur les îles au sud du 20° sud de latitude, avec le retour à des conditions neutres. Sur les îles au nord du 20° sud de latitude, le risque est prévu faible.

Sébastien Hugony


Ainsi pour cette prochaine saison chaude 2021-2022, le risque cyclonique est modéré auxAustrales, au sud des Tuamotu et aux Gambier et faible sur les autres îles, voire peu probable aux Marquises.

Maintien de la sécheresse sur une grande partie du territoire


Ces conditions La niña à neutre ne vont pas favoriser la présence de la ZCPS (Zone de Convergence du Pacifique Sud) sur la Polynésie française, notamment au cours de la première partie de la saison des pluies.

En seconde partie de saison, avec le retour de conditions neutres, la ZCPS est prévue plus active mais sur un axe plus au sud que sa position moyenne.


Cette chronologie de l’activité de la ZCPS signifierait le maintien de la sécheresse sur une grande partie du territoire, avec un fort indice de confiance sur les Marquises et le nord des Tuamotu. Sur l’archipel des Australes, des précipitations proches des normales à excédentaires sont attendues mais avec un faible indice de confiance.

 

Activité cyclonique sur le Pacifique sud

L’activité cyclonique de la saison chaude 2020-2021 a été plus faible que la normale sur le Pacifique sud, avec 6 systèmes dépressionnaires dont 1 dépression modérée, 2 dépressions fortes et 3 cyclones. Le premier phénomène Yasa nommé le 13 décembre 2020 et le dernier Niran le 2 mars 2021, ont tous deux atteint le stade de cyclone tropical intense. Tous ces phénomènes ont évolué entre le méridien 145° Est et 160° Ouest. Les vitesses de vents les plus forts estimés sur 10 minutes ont avoisiné les 250 km/h lors du passage du cyclone Yasa.