Taputapuatea : Hollande au centre du triangle polynésien et de l'économie bleue

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Hollande marae Taputapuatea
Juste devant le marae. ©Polynésie 1ère
Après avoir être arrivé en avion à Raiatea, François Hollande a été conduit en pirogue jusqu'au marae de Taputapuatea. Lieu symbolique de la Polynésie ancestrale, et candidat à la labellisation au patrimoine miondial de l'Unesco. L'occasion de rappeler que la COP 21 doit beaucoup au marae.
Hollande marae Taputapuatea
©Polynésie 1ère

Le Président de la République a décidé lors de sa visite éclair en Polynésie française de fouler le sol du marae Taputapuatea à Raiatea à 280 km de Tahiti aux Iles Sous-le-Vent. Ce haut lieu de la Polynésie ancestrale est candidat à l’inscription au patrimoine mondial de l’humanité. C’est également ici qu’en juillet 2015, les principaux leaders des îles du Pacifique et le président du gouvernement de la Polynésie, s’étaient réunis pour signer le PACT, pact against climat threat, avant le sommet de la COP 21 à Paris. 
Cette visite sur le marae constitue pour François Hollande l’occasion d’asseoir la présence de la France dans le Pacifique. La présence du président de la République sur un lieu majeur de l’histoire du triangle polynésien (Hawaii / île de Pâques / Nouvelle Zélande) représente un message diplomatique fort à l’égard des Etats insulaires du Pacifique sud. 


Pour une reconnaissance de l’UNESCO


L’inscription du marae Taputapuatea sur la liste du patrimoine mondial suit son cours. La priorité donnée au dossier renvoie au caractère « civilisationnel » du site dans le sens où il constitue un témoignage exceptionnel de la civilisation ma’ohi ancienne et du continuum culturel contemporain. Le site de huit hectares constitue à ce titre une référence culturelle polynésienne fondamentale.
La candidature de Taputapuatea donne l’occasion de faire reconnaître par l’Unesco la forme architecturale particulière des marae, qui ne figure pas encore au patrimoine mondial.

A ce propos, le maire de Taputapuatea, Thomas Moutame, a témoigné de sa reconnaissance au chef de l'Etat. D'abord, car c'est le 1er président de la République à venir jusqu'à Taputapuatea, berceau de la Polynésie. Ensuite, c'est faire honneur à ce lieu sacré où les ancêtres prenaient toutes les grandes décisions. Par exemple celle de partir à la conquête du Pacifique, pour ensuite former le triangle polynésien. Pour le maire, la venue du président est donc symbolique. Elle doit accompagner le projet de labellisation du site par l'Unesco. Et de finir en déclarant que "la culture, c'est la lumière du passé". 

Hollande marae Taputapuatea
Hollande soutient l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco et l'économie bleue. ©Polynésie 1ère/S.Favennec

Pour François Hollande, venir ici c'est découvrir les trésors qu'abrite la Polynésie. Par exemple, cette fleur unique au monde qu'est le tiare Apetahi. Mais surtout ce marae, base de départ et de retour du peuple polynésien. Son voeu est qu'il devienne le premier site des outremers à être labellisé par l'Unesco. Le président tient à ce que ce classement se fasse a plus vite, avant le mois de juillet 2017. Pour cela, le meilleur dossier devra être établi, quand bien même le site est exceptionnel. Donc l'Etat fournira un appui technique et financier. 

Un protocole à suivre a été proposé par la Direction Générale du Patrimoine en janvier 2016 pour déposer le dossier de candidature de Taputapuātea à l’inscription au Patrimoine Mondial afin qu’il puisse être instruit par le comité du patrimoine mondial en juillet 2017. La feuille de route détaillée inclut la venue de plusieurs experts pour établir le dossier.

Hollande marae Taputapuatea
Le président a laissé une trace de son passage. ©Polynésie 1ère

COP 21 et économie bleue


Le président Hollande a rappelé que c'est surtout sur ce lieu que s'est jouée l'issue de la COP 21, et pas seulement à Paris, puisque que c'est là qu'a été signée la déclaration des leaders polynésien contre le réchauffement climatique en juillet dernier. Des petits Etats insulaires pour réveiller la conscience des grands pays afin de limiter les catastrophes naturelles.
Donc pour le chef de l'Etat, c'est en Polynésie que les effets de la COP 21 doivent d'abord se faire ressentir. A travers l'économie bleue, dans le respect de l'environnement afin de ne pas souiller la nature. Pour cela, il faut innover. L'exemple avec les énergies thermiques, comme le SWAC. C'est pourquoi, la France va continuer à investir en Polynésie, et aux Polynésiens de porter des projets.  

Hollande marae Taputapuatea
L'économie bleue, le président en a eu un aperçu à son arrivée sur le lagon en pirogue. ©Polynésie 1ère/S.Favennec

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Entre mythologie et religion
Le marae Taputapuatea de Raiatea est l’un des marae les plus importants de Polynésie française, tant par sa symbolique que par son caractère international. Il fait partie d’un vaste complexe cérémoniel et archéologique situé dans la partie du Te Pö, « le monde des Esprits », de l’île sacrée de Raiatea. Il est implanté sur la pointe Matahiraiteraì du district d’Opoa dans la commune de Taputapuatea. Ce site, dédié au dieu de la guerre Oro, est au cœur même de la mythologie et de l’ancienne religion de la Polynésie de l’Est.
Ce marae ne fut pas toujours international et ne porta pas toujours le nom de Taputapuatea. A une époque très reculée et avant la naissance de Oro, il était seulement reconnu comme un marae « national » de Raiatea et s’appelait Feoro. Quand Oro, dieu de la guerre, naquit à Opoa, son père lui donna pour demeure Opoa avec le mara’e Feoro. Oro fut reconnu comme Dieu suprême de la terre et des airs par la population.
Le nom de Feoro fut alors changé en Vaiotaha et devint le nom de tous les mara’e dédiés à Oro. Dans ce marae, l’image d’Oro était faite de cordes finement tressées représentant un homme de 80 cm à 1 mètre, décoré de plumes jaunes et rouges et d’une ceinture de plumes rouges.

Siège de la connaissance

Le marae Taputapuatea et tout le complexe sacré Te Pö étaient particulièrement sacrés pour les prêtres et les membres du mouvement arioi qui, sous la puissance du dieu Oro et sous la bénédiction de l’ancien roi Tamatoa, voyageaient d’île en île pour y pratiquer des cérémonies où culture et spiritualité s’entremêlaient.
Des pierres étaient prélevées du marae Taputapuatea pour être transportées lors de ces périples et pour implanter de nouveaux marae dits « Taputapuatea » dédiés au dieu Oro. Aujourd’hui, on trouve des marae dits « Taputapuatea » à Fakarava, à Rarotonga aux ïles Cook, à Tahiti, à Moorea, à Tubuai, à Hawai’i et en Nouvelle-Zélande.

Restauration

Répertorié pour la première fois dans les années 1930 par le Pr. Kenneth Emory, du Bernice Bishop Museum, avant d’être consolidé et en partie restauré par le Pr. Yosihiko Sinoto durant les années 1967-1968, le marae Taputapuatea ainsi qu’une partie du complexe Te Pö a fait l’objet d’une restauration en 1994-1995 sous la direction du Centre Polynésien des Sciences Humaines (C.P.S.H.).
Classé territorialement en 1952 en tant que site culturel, le marae Taputapuatea est devenu, pour sa majeure partie, la propriété publique de la Polynésie française depuis 1986.
Avec sa jumelle Tahaa, l’île sacrée de Raiatea représente la tête de la grande pieuvre mythique Tumu-raì-fenua qui, selon la tradition orale, étale ses 8 tentacules sur l’ensemble du « Triangle Polynésien » constitué des îles Hawai’i au Nord, de Aotearoa (Nouvelle-Zélande) au Sud-Est et de Rapa Nui (île de Pâques) au Sud-Ouest.

Sources UNESCO, R. Ariihau TUHEIAVA, président de l’Association Na-Papa-e-Va’u- Raiatea - Secrétaire du Bureau ICOMOS Pasifika
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