Les vidéos du jeune homme ont fait le tour du monde en juillet dernier : attaché à une chaise, avec une camisole, et une cagoule intégrale sur la tête, à la prison pour mineurs d'Alice Springs. Il témoigne depuis lundi devant la commission royale d'enquête, créée pour réformer le système carcéral.
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Privé de nourriture, d'eau et d'accès aux toilettes
Cette semaine, Dylan Voller a témoigné devant cette commission. Il ne nie pas ses actes d'insubordination à l'encontre des gardiens. Mais il a raconté les mauvais traitements qu'il a subis. Des humiliations quotidiennes comme la privation d'eau, de nourriture, et d'accès aux toilettes. Dylan Voller:
« Une fois ils m'ont placé à l'isolement dans l'établissement d'Alice Springs, raconte-t-il. Et je crevais d'envie d'aller aux toilettes. Cela faisait 4 ou 5h que je leur demandais de m'emmener aux toilettes. Et ils me disaient toujours non. Finalement, j'ai du faire caca dans la housse de mon oreiller. »
Dylan Voller, jeune Aborigène aujourd'hui âgé de 19 ans, a été retiré à sa famille, dysfonctionnelle, dès l'âge de 10 ans, et placé en foyer. Progressivement, il est devenu délinquant. Antoinette Carroll, une assistante sociale, coordinatrice du service d'aide juridique aborigène pour les jeunes (CAALAS), l'a bien connu, et accompagné pendant 7 ans. Elle a témoigné mercredi devant la commission royale d'enquête. Selon elle, c'est ce système carcéral qui a fait de lui un délinquant. « Il a été programmé pour échouer », a-t-elle affirmé devant la commission.
Le témoignage de Dylan Voller est un élément-clé de cette commission royale d'enquête, dont la mission est de donner des recommandations dans un rapport final pour améliorer le traitement des détenus mineurs dans le Territoire du Nord.
Dylan Voller prend des risques en témoignant
« Dylan Voller est un détenu condamné, et un magistrat l'a souligné lundi, c'est une première mondiale de voir un détenu témoigner devant une commission royale, et donner des éléments de preuve qui incriminent les gardiens qui le surveillent actuellement dans sa cellule, souligne John Lawrence, l'ancien Président de l'association du barreau du Territoire du Nord, interrogé sur ABC. Si j'étais sa mère, je m'inquièterais pour son bien-être en prison. Il est tellement célèbre que cela le protègera peut-être, mais je ne fais pas confiance au système judiciaire du Territoire du Nord.»
La commission royale d'enquête devrait remettre son rapport final fin mars 2017.