Transport aérien : la compagnie Islands Airline de Bill Ravel pourrait voir sa demande de licence validée

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Islands Airlines
©Tahiti Infos
Le gouvernement devrait donner son feu vert en conseil des ministres, ce mercredi 24 octobre.
 
Il y a un peu plus d’une semaine, le tribunal administratif a enjoint le Pays à accorder sa licence de transporteur aérien à la compagnie Islands Airline de Bill Ravel.

« Nous appliquerons la décision de justice» a déclaré dimanche soir sur télé Polynésie la 1ère Jean-Christophe Bouissou, le ministre en charge des transports aériens et maritimes.

Le Pays a jusqu’au 31 octobre pour remettre le sésame.

La Polynésie se retrouve en tous cas, face à un dossier complexe à gérer pour garantir sa continuité intérieure en matière de transport aérien.


Il appartient bien sûr au Pays de fixer les règles du jeu. Pour mettre en place une concurrence saine sans dégâts co-latéraux pour les îles éloignées.
Il lui faudra d’abord, définir les modalités de service public.

Un service public qu’assume par défaut, Air Tahiti. En l’absence de textes d’application de la  loi du 25 février 2016.

Il faudra aussi établir des règles identiques de concurrence. Référence aux lignes déficitaires desservies par Air Tahiti sans aide du Pays. Le problème c’est qu’il sera difficile pour le gouvernement de contraindre Islands Airline à des obligations de service public.

Ses jets plus gros, plus lourds que les ATR ne peuvent pas atterrir sur les petites pistes des îles éloignées. Il y a aussi la question de la défiscalisation.
Le business plan d’Islands Airline paraît fragile.

La compagnie veut investir 7 milliards 5.  Elle attend en retour 5 milliards 8 de défiscalisation locale et nationale. Ca fait près de 80% du capital investi.
Bercy par ailleurs pourrait bien attendre  la mise en place par le Pays, des dispositions d’obligations de service public.

Avant de prendre une décision et puis il pourrait y avoir rupture d’égalité dans la compétition si Bercy défiscalisait d’un coup, les 2 jets d’ Islands Airlines.
Le chemin a été plus long pour Air Tahiti : au fil des années, seuls 4 de ses 9 ATR ont été défiscalisés par Bercy.

Enfin autre écueil : délicat pour le Pays dans ce dossier, d’être juge et parti. Il détient 14% des parts de la société privée Air Tahiti.

Du côté du gouvernement, on travaille à la mise en place d’un fonds de compensation  pour absorber les déficits engendrés sur les lignes de désenclavement. Pour Air Tahiti, ils pèsent 1 milliard 2 par an.

La Polynésie compte aussi beaucoup sur Paris pour que l’Etat accompagne davantage ses efforts en matière de continuité territoriale.

En Nouvelle-Calédonie, la prise en charge du désenclavement est de l’ordre de plus d’1 milliard de Fcfp par les autorités publiques.

En Guyane, le département finance la desserte de trois îles pour 800 millions de Fcfp. Et en Corse, l’Etat prend en charge 7 milliards de Fcfp par an pour assurer une continuité territoriale.