Violences conjugales : « Il s'est arrêté lorsqu'il a vu que je saignais du nez... »

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Violences conjugales : « Il s'est arrêté lorsqu'il a vu que je saignais du nez... »
©Polynésie la 1ère

Elles sont trop nombreuses en Polynésie à subir des violences conjugales. Dans le cadre de la 14e conférence triennale des femmes du Pacifique, nous avons rencontré une ancienne victime. Elle nous raconte son calvaire. 

Au tribunal de Papeete, pas un mois ne passe sans qu'une affaire de violence conjugale ne soit jugée. Il y a moins d'une semaine, un homme de 38 ans a été condamné à sept ans de prison dont cinq avec sursis pour avoir frappé sa concubine et en avoir abusé sexuellement. Si beaucoup de victimes n'osent pas dénoncer leur agresseur, d'autres ont réussi à trouver le courage de briser le silence.

La violence, sans raison

 

Orama (nom d'emprunt ndlr) a vécu des violences, les faits remontent à 2014. À ce moment là, elle est en couple depuis plus d’un an. Un jour son compagnon lui lance une planche de surf, sans raison apparente selon elle. Rien de grave mais deux mois plus tard, il l’agresse violemment : « Il m'a demandé ce qu'il y avait à manger, je lui ai répondu ce que j'avais fait et là il s'est énervé sans raison. Il m'a décollée de la chaise en m'étranglant, il m'a mise par terre. Il m'a tapée, il m'a donné des coups de pied au sol. [...] Il s'est arrêté lorsqu'il a remarqué que je saignais du nez, après j'ai réussi quand même à lui dire de partir...»

Les associations, débordées 

Orama se rendra aux urgences. Bilan : deux côtes cassées mais surtout un psycho-traumatisme qu’elle réussira à surmonter grâce à l’accompagnement de spécialistes. Orama déposera plainte également. La procédure judiciaire aura duré 4 longues années : « Au tribunal, il a été condamné. [...] Il a eu 6 mois ferme, il y a eu du sursis aussi. Il n'était pas récidiviste parce que le délai était passé, mais il avait déjà eu des histoires comme celles-ci »

Durant son combat, Orama a bien essayé de frapper à la porte de l’association d’aide aux victimes Te Rama Ora, sans succès : « En fait, je me sentais quand même seule même avec cette association là. Elles avaient des cas beaucoup plus graves que moi, des femmes qui étaient encore dans leurs foyers, à subir des coups constamment. »

Aujourd’hui Orama a tourné la page et refait sa vie. Elle souhaite que son témoignage puisse aider d’autres victimes de violences conjugales à trouver le courage d’en faire autant.