Comores : le président relaxe son ex-vice président condamné à perpétuité

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emmanuel macron et azali assoumani
Emmanuel Macron, président de la République française, avec le président, Azali Assoumani, lors d'un dîner du forum de la paix à l'Elysée à Paris en novembre 2019. ©MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

L'ancien vice-président avait été condamné en 2018 à perpétuité pour atteinte à la sûreté de l'État. Il vient d'être gracié par le président. Il était "coupable" d'avoir dénoncé la fin de la présidence tournante, entre les îles, voulue par le président Azali. Une réforme entérinée, depuis...

Les arrestations, les condamnations et les incarcérations aux Comores sont-elles justifiées ? L'opposition dénonce depuis des années une instrumentalisation politique de la justice. La grâce, soudaine et inattendue de l'ancien vice-président Djaffar Ahmed Saïd confirme cette lecture de plusieurs évènements remettant en question la démocratie. 

Décembre 2018, Djaffar et ses frères sont condamnés par la cour de Sûreté de l'État pour complot et atteinte à la Sûreté de l'État. L'ancien vice-président est arrivé au pouvoir en 2016 avec Azali Assoumani. Il est le bras droit de l'ancien colonel. Il est parfaitement informé des projets et de la gestion autoritaire du pouvoir.

Le point de rupture est consommé, début 2018. Le président présente son projet, de réforme constitutionnelle. Il projette de mettre fin à la présidence tournante entre les îles et à la limitation du nombre de mandats. Une décision réfléchit comme le confirme le président Azali à Jeune Afrique le 27 décembre 2019.

Azali remporte le réfrendum

 

Djaffar ne se fait pas d'illusion, il connait parfaitement l'exécutif et préfère quitter son pays pour se réfugier en Tanzanie. Avant de partir, le prévenu avait vu que des heurts avaient éclaté dans le pays, mais la répression avait été implacable. Arrestations, condamnations et incarcérations avaient eu raison de la rébellion. À Anjouan, l'armée avaient été déployée pour ramener "le calme"...

En décembre 2018, les principaux opposants étaient jugés par la Cour de Sûreté de l'État. Sans surprise, de lourdes peines étaient prononcées à l'encontre des figures emblématiques de l'opposition. L'ancien vice-président et ses frères étaient jugés coupables. L'ex-bras droit du pouvoir avait été condamné à perpétuité... 

Mercredi 12 mai 2021, surprise ! Par décret, Azali Assoumani a accordé la grâce présidentielle à Djaffar Ahmed Saïd, écrit Le Journal des Nations. La remise de peine est totale et sans condition. Cependant, il serait étonnant que le "fuyard" quitte Dar-Es-Salam, demain.