Convention canne : les planteurs restent mobilisés malgré quelques avancées

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Un convoi de tracteurs chargés de cannes arrive au Barachois
Un convoi de tracteurs chargés de cannes arrive au Barachois ©Jean-Régis Ramsamy
Une nouvelle rencontre a lieu ce matin entre les planteurs et les industriels à la préfecture. Une réunion très attendue par les agriculteurs qui restent mobilisés. Malgré quelques avancées, deux points bloquent toujours les négociations.

Les planteurs ne relâchent rien. Hier, ils se sont positionnés devant la préfecture dès 8h30. Un pique-nique était organisé afin de décider des actions à mener, dans l’attente de la réunion qui a eu lieu à 10h à la préfecture, sous l'égide du préfet Jacques Billant. Une demande des planteurs qui veulent désormais des discussions dans un lieu plus neutre que le CTICS.

"Ce qu'il nous propose est indigne"

La réunion aura duré 4 heures entre l’intersyndicale et les industriels afin de trouver un accord concernant la convention canne. "Certains dossiers avancent mais sur d'autres, il n'y a pas d'avancées. Il faut trouver un consensus entre les industriels et nous" a déclaré Pierre-Emmanuel Thonon, vice-président du CPCS, Comité Paritaire Interprofessionnel de la Canne à Sucre.

Deux points bloquent toujours les négociations : le prix garanti et la Canne Longue Machine, CLM ; autrement dit la mécanisation de la coupe de la canne.

"Tereos nous dit clairement qu'il veut venir sur la plateforme, prendre plusieurs chargements de cannes et faire un prix moyen sur un chargement mélangé, suite à leur analyse. Mais pas tous les planteurs travaillent de la même manière. Moi je veux être payé pour mon chargement, pas pour celui de mon voisin" souligne Dominique Clain.

C'est un manque de respect d'avoir proposé ça aujourd'hui.

Pierre-Emmanuel Thonon, vice-président du Comité Paritaire Interprofessionnel de la Canne à Sucre

"Tereos va nous envoyer des propositions dans la journée et jeudi, d'autres propositions doivent nous être présentées" précise Dominique Clain de l'UPNA. Avant d'ajouter que la mobilisation va continuer "tant que la convention canne n'est pas signée". Devant la préfecture, "on est parti pour rester un bon moment" conclut-il.

Des barrages filtrants installés

A l'issue de cette réunion, l'intersyndicale propose ainsi de "maintenir la mobilisation. Il faudra faire des actions fortes pour montrer notre mécontentement car ce qu'il nous propose est indigne".

Les planteurs n'ont pas attendus pour passer à l'action. Vers 15h30, des barrages filtrants ont été installés aux accès et sorties du giratoire RD41 secteur caserne Lambert. D'importants embouteillages sont à prévoir.

Des embouteillages sur le boulevard Lancastel
Des embouteillages sur le boulevard Lancastel ©Gaëlle Malet

Des embouteillages boulevard Lancastel
Des embouteillages boulevard Lancastel ©Gaëlle Malet

A 18h30, le barachois a rouvert à la circulation. Les automobilistes doivent prendre leur mal en patience : 16 km d’embouteillages depuis la ravine à Marquet en direction de Saint-Denis.

Une réunion très attendue par les planteurs

Cette réunion était très attendue par les planteurs. Un peu plus tôt ce matin, les agriculteurs sont entrés dans le bâtiment préfectoral, en chanson.

Un convoi de tracteurs chargés de cannes au Barachois

Un peu avant midi, un convoi de tracteurs chargés de cannes est arrivé au Barachois. Un convoi en provenance de l’Est. Des cannes qui ne pourront pas être livrées si aucun accord n’est trouvé pour la convention canne ; la campagne sucrière devant débuter d'ici une semaine.

Pour rappel, les agriculteurs demandent une révision de la convention canne avec une revalorisation et un prix fixe de la canne à l’achat. De son côté, Tereos demande toujours une garantie de l’Etat pour l’achat de la canne à un prix fixe.

Un convoi de tracteurs chargés de cannes arrive au Barachois
Un convoi de tracteurs chargés de cannes arrive au Barachois ©Jean-Régis Ramsamy

Avant d'entamer la réunion, Jean-Michel Moutama, président de la CGPER, était plutôt pessimiste quant à l'issue de cette matinée de rencontre. "Tous les ans c'est comme ça. La pression va être sur les planteurs mais cette fois on ne lâchera pas. S'il  n'y a pas une évolution des revenus du planteur dans les éléments qui sont proposés, il est hors de question de continuer sinon d'ici la fin de l'année il n'y aura plus de planteurs de cannes" commente ce dernier. "Dans quelle production agricole aujourd'hui, c'est l'industriel qui fixe le prix d'achat ? C'est moi qui produit et ce sont eux qui fixent le prix auquel ils vont acheter mon produit ?" s'insurge-t-il.

En tant que producteur, je dois être capable de fixer mon prix de vente en fonction des charges que j'ai eu sur l'exploitation et du revenu que je dois dégager pour vivre et faire vivre ma famille ; et aujourd'hui ce n'est pas le cas.

Jean-Michel Moutama, président de la CGPER

La situation des planteurs abordée à l'Assemblée Plénière de la Région Réunion

Ce matin a eu lieu l'Assemblée Plénière de la Région Réunion. Un des thèmes abordés au sein de l'hémicycle : la convention canne et la filière sucre sur l'île. Ils ont même fait l'objet d'une motion d'urgence.

Une lettre co-signée par la présidente du Conseil Régional et le président du Conseil Départemental en date du 17 juin 2022 a été adressée à la Première ministre. Un courrier demandant à l’Etat "une réévaluation de l’aide aux planteurs qui doit être portée à 20 millions d’euros".