Environnement : une campagne de sensibilisation sur l’impact des masques à usage unique

coronavirus
Tortue verte de Saint-Leu
©Michelle Bertil (Réunion la 1ère)
Depuis le 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos. Deux Réunionnaises lancent une campagne de sensibilisation sur l’impact des masques à usage unique sur les océans et la faune marine.
Supermarchés, commerces, bibliothèque, administrations, hôtels… Depuis le 20 juillet, le masque a fait son grand retour. Il est désormais obligatoire de se couvrir le bas du visage dans les lieux publics clos. Une mesure qui intervient en période de vacances scolaires alors qu’un relâchement dans le respect des règles sanitaires ait été constaté ces dernières semaines.

Suite à l'obligation de port du masque, Charlotte Boiron et Eva Langlois, respectivement photographe sous-marine et monitrice de plongée, ont senti "l’urgence" de sensibiliser le public à l’impact que peut avoir les protections sur l’environnement.


"Ces masques jetables ne sont ni recyclables, ni biodégradables"


Si cette mesure s’applique dans les espaces publics fermés, pas besoin en revanche de se couvrir le visage dans les espaces publics ouverts, comme à la plage ou en mer. Des lieux sans masque, qui ne sont pas épargnés en matière de pollution. Les masques jetés sur la voie publique ont plus de risque d’atterrir dans l'océan.
 
Eva Langlois et Charlotte Boiron
De gauche à droite: Eva Langlois et Charlotte Boiron ©Pierre Comorassamy


Charlotte Boiron et Eva Langlois tirent la sonnette d'alarme. A l'issue de deux shootings photos, quatre photos ont été sélectionnées pour leur campagne de prévention. Sur ces photos, on voit un plongeur, en l’occurrence Eva Langlois, essayant d’attraper des masques chirurgicaux flottant entre deux eaux, ou encore une tortue posée à côté de ces masques.
 
Campagne de sensibilisation d'Eva Langlois et Charlotte Boiron
©Pierre Comorassamy
 
Campagne de sensibilisation d'Eva Langlois et Charlotte Boiron
©Pierre Comorassamy
 
Campagne de sensibilisation d'Eva Langlois et Charlotte Boiron
©Pierre Comorassamy

Accompagnées également de messages chocs invitant la population à jeter son masque usagé dans une poubelle, ces quatre affiches seront diffusées par le biais des réseaux sociaux. L'objectif est de toucher le plus grand nombre de personnes à La Réunion, mais également partout dans le monde puisque "ce problème n’est pas seulement un problème réunionnais" souligne Eva Langlois.
 

Cette pandémie sévit dans le monde entier, et le monde entier est concerné.

Eva Langlois, monitrice de plongée.



Avec Charlotte Boiron, elles précisent que "ces masques jetables ne sont ni recyclables, ni biodégradables. C’est dans les poubelles qu’ils doivent finir et pas dans la nature", avant d’ajouter qu’il faut privilégier "les masques en tissus réutilisables".

 

Des masques à même le sol, une nouvelle forme de pollution


Depuis le déconfinement en mai dernier, force est de constater que les masques et les gants sont jetés à même le sol. "Ces déchets peuvent propager le virus et polluent l’environnement et les océans" rappelle le Ministère de l'Ecologie. Pour les deux jeunes femmes à l'initiative de la campagne de sensibilisation, il faut faire en sorte que "leur fonction reste uniquement de sauver des vies !"

En se dégradant, les masques à usage unique se fragmentent "en micro-plastiques et se propagent dans l'air et dans l'eau" explique le Ministère, avant d’ajouter que "jeter ces déchets non recyclables n’importe où est lourd de conséquences pour notre planète : ils peuvent mettre des centaines d’années à se décomposer". Pour quatre heures d’utilisation, il faut en effet compter 450 ans avant que le masque se détériore.
 

Le Ministère de l’Ecologie le rappelle, jeter des déchets sur la voie publique sera bientôt passible d’une amende de 135 euros, au lieu des 65 euros actuellement en vigueur.

Des déchets à ne surtout pas jeter dans la poubelle jaune. A La Réunion, les professionnels des centres de tri appellent au civisme et invitent les usagers à jeter leur masque dans la bonne poubelle.

(Re)Voir le reportage de Florence Bouchou et Daniel Fontaine :
 
 
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