Face à l'augmentation du nombre de collisions avec les bateaux, Kélonia craint une disparition des tortues

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Blessée par un requin, soignée à Kélonia, la tortue Juliette rejoint l’Océan
Blessée par un requin, soignée à Kélonia, la tortue Juliette rejoint l’Océan. ©Kélonia
De plus en plus de tortues sont blessées suite à des collisions avec des bateaux. Un constat réalisé par la ferme Kélonia qui tire aujourd’hui la sonnette d’alarme. Elle craint une disparition des reptiles.

Les collisions entre les bateaux et les tortues marines se multiplient. Depuis le début de l’année, on compte sept reptiles blessés. La dernière tortue à être blessée a été repérée hier : il s’agit de Kachuva, blessé par enfoncement de la carapace. En juin dernier, Emma, une femelle qui pond à La Réunion a également été observée blessée. "Elle n’a plus été revue depuis" précise Kélonia. De plus en plus de tortues sont blessées suite à des collisions avec des bateaux. La ferme craint une disparition des reptiles.

Les précisions de Stéphane Ciccione, directeur de Kélonia, sur le plateau de Réunion La 1ère :

Interview Stéphane Ciccione sur les tortues blessées

 

De plus en plus de collisions entre les tortues et les bateaux

Selon Stéphane Ciccione, directeur de Kélonia, la population de tortues à La Réunion n’augmente plus depuis 2018. En parallèle, le nombre de bateaux qui est immatriculé dans l’île augmente de manière relativement faible, avec quelques unités par an. "Ce n’est pas cela qui explique cet accroissement des collisions" commente-t-il.

Quid des bateaux de plus en plus présents en mer, liés à la présence de baleines près de nos côtes ? "C’est vrai qu’avec la saison des baleines et l’intérêt autour des baleines, il y a de plus en plus de bateaux qui sortent. On a des comportements sur le plan d’eau qui ne sont pas adaptés ; et qui ne respectent pas la règlementation ». Une règlementation stricte « qui dit que dans la zone de 300 mètres, depuis la barrière ou depuis le littoral, on doit limiter la vitesse à cinq nœuds". Cette dernière "n’est pas respectée, et c’est justement la principale cause [de collision avec les tortues]".  Or, le respect de cette seule règle limiterait significativement ces collisions estime Kélonia.

Des tortues marines qui risquent de disparaître ?

La multiplication des blessures par collision, qui concernent aussi bien les juvéniles que les tortues adultes, remet en question "tous les efforts de conservation en faveur des tortues marines". Depuis une dizaine d’années à La Réunion, les résultats ont été significatifs relate le directeur de Kélonia. Il y a eu "une augmentation du nombre de tortues jusqu’en 2018, un retour de tortues en pontes sur les plages de l’île, avec deux femelles qui sont venues pondre à deux reprises" à La Réunion. Des résultats qui peuvent être "remis en cause avec les accidents".