France Relance : le grand plan de relance économique du gouvernement, Outre-mer compris

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Jean Castex, Premier ministre présentation plan de relance économique France relance 030920
©AFP
100 milliards d’euros pour la France, dont 1,5 milliard d’euros pour les Outre-mer. Les grandes lignes du plan de relance économique ont été présentées ce jeudi 3 septembre par le Premier ministre, Jean Castex. Pour la déclinaison réunionnaise, il faudra attendre encore un peu.
France relance, c’est le nom du plan de relance économique du gouvernement pour faire face à la crise Covid. Un plan à 100 milliards d’euros articulé autour de trois grands axes : la transition écologique, un plan de " réarmement " de l’industrie française ou encore le renforcement de la cohésion sociale et territoriale.

Le Premier ministre a donc présenté ce plan de relance économique ce jeudi 3 septembre, à la mi-journée, accompagné du ministre de l’économie. Un plan qui ne sera pas financé par une hausse d'impôts, a assuré Jean Castex. Sur les 100 milliards de France Relance, 1,5 milliard d’euros sera consacré aux Outremers. " Ce plan sera décliné dans les territoires ultramarins, c’est un gage de cohésion ", a déclaré Jean Castex.

 

1,5 milliard d’euros pour les Outre-mer

Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, a réagi sur les réseaux sociaux, dans la foulée de la présentation du Premier ministre.
 

" Dès aujourd’hui, je travaille à décliner France Relance pour chaque territoire, en concertation avec les acteurs locaux. Pour accompagner durablement la transformation des économies, favoriser la création d’emploi local, l’enjeu st d’adapter ce plan aux réalités du terrain. "

Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer


Il rappelle les trois priorités du Plan de relance économique, définies par le Premier ministre, Jean Castex, lors de la présentation du plan de relance, France Relance ce jeudi 3 septembre à la mi-journée. Le Premier ministre a déclaré que le plan serait décliné dans les territoires ultramarins, un « gage de cohésion ».
 
Un budget d’1,5 milliard d’euros sera alloué aux Outre-mer en 2020 et 2021. Pour Sébastien Lecornu, les objectifs du gouvernement sont de relancer l’activité à court terme et préparer la France à l’horizon 2030.
 
 

Quel plan pour La Réunion ?

Combien de ce budget sera accordé à l’économie réunionnaise. L’idée avancée par Sébastien Lecornu est qu’il faut articuler le plan d’urgence lancé pendant la crise Covid et les aides à plus long terme destinés à créer des emplois et à accélérer la transition écologique.

Lors de sa venue dans l’île du 17 au 20 août, il avait fait quelques annonces sur le sujet. Les aides aux secteurs les plus touchés, comme la culture, l’événementiel, le sport et le tourisme devrait être prolongées.

Une aide aux collectivités a déjà été annoncée, plus de 120 millions d’euros, pour compenser les pertes dues à la crise Covid. La transition écologique, l’agriculture, le tourisme, le logement, particulièrement la réhabilitation de logements sociaux sur laquelle l’Etat s’est déjà engagé, ont d’ores et déjà été définis comme des secteurs prioritaires.

Autre engagement, la participation au financement du dépassement budgétaire de la Nouvelle Route du Littoral, mais le montant n’est pas officiel. Une aide qui risque de faire grincer quelques dents, car la NRL ne fait pas partie des secteurs prioritaires et l’arrêt du chantier n’a pas de lien avec la crise sanitaire.

 

Les Outre-mer à leur "juste place" ?

" Nos territoires ultramarins retrouvent enfin leur juste place. "

Didier Robert, président de la Région Réunion


Didier Robert a tenu à saluer l’engagement du ministre des Outre-mer, " qui a réussi à mobiliser 1,5 milliards d’euros dans le cadre du Plan de relance ". Il estime que Sébastien Lecornu a su répondre " aux véritables attentes des Réunionnais pour permettre une relance rapide ", évoquant les travaux routiers, l’augmentation du nombre de PEC, la rénovation des réseaux d’eau ou encore le soutien au monde agricole.

Le président de Région salue également l’engagement de l’Etat pour permettre la fin des travaux de la Nouvelle Route du Littoral, dont le protocole sera présenté le 8 septembre prochain en commission permanente.  

Les bases d’une véritable politique pour le développement des Outre-mer sont enfin posées ", conclut Didier Robert.


Pour Philippe Naillet, député PS de La Réunion, ce plan, certes " ambitieux par les montants annoncés ", apparaît plutôt comme " un rattrapage des manquements de la majorité actuelle depuis 2017 ".

Il évoque ainsi le manque de soutien à la jeunesse avec la suppression des emplois d’avenir, le recul de l’insertion des publics vulnérables avec la baisse des contrats aidés ou encore la baisse des aides au logement.
 

" Pire, les Outre-mer ne retrouvent pas leur juste place. Alors que les populations ultramarines représentent près de 3% de la population française, seulement 1,5% du plan de relance nous sera destiné. "

Philippe Naillet, député PS de La Réunion


Il déclare rester vigilant sur les annonces du gouvernement lors du prochain projet de loi de Finances, car selon lui ce plan ne soit pas se substituer aux précédentes mesures de l’Etat en Outre-mer. Concernant les travaux de la Nouvelle Route du Littoral, il rappelle qu’aucun engagement précis n’a été pris pour permettre la fin du chantier.

 

Un "plan adapé pour la métropole mais insuffsant en Outre-mer"

Un plan " ambitieux sur le plan national mais insuffisant pour les Outre-mer ", selon David Lorion. Pour le député Les Républicains de La Réunion, il reviendrait à 300 millions d’euros par an pour le département.

Insuffisant compte tenu des annonces déjà faites par Sébastien Lecornu, soit 120 millions d’euros pour les collectivités, 60 millions d’euros de diminution d’impôts pour les entreprises, le financement du chantier de la Nouvelle Route du Littoral.

" En réalité, ces mesures en l’état ne semblent pas pouvoir impulser une réelle relance en matière économique sinon atténuer un peu le nombre de faillites d’entreprises et l’explosion du chômage."

David Lorion, député Les Républicains de La Réunion


Il craint que le plan n’engendre un effet d’aubaine avec peu d’impact sur la création d’emplois et la formation des jeunes. Il rappelle que 42 % des jeunes réunionnais sont au chômage.

 
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