Incendie du Maïdo : le suspect mis en examen et placé sous contrôle judiciaire

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incendie maïdo novembre 2020
©IPR
Un homme de 36 ans a été mis en examen ce dimanche à Champ Fleuri pour l’incendie déclaré en fin de semaine dernière au Maïdo. L'homme l'aurait provoqué en brûlant du papier toilette après un besoin pressant... 
L’enquête menée par les gendarmes de la brigade de recherches de Saint-Paul pour déterminer les circonstances de l’incendie du Maïdo a pris un tournant majeur ces derniers jours.

Un homme suspecté d’être à l’origine du départ de feu est en effet présenté ce matin au palais de justice de Saint-Denis, selon une information de Zinfos974 qui nous a été confirmée ensuite par une source proche de l’enquête.

C’est donc la thèse accidentelle qui est désormais clairement privilégiée. Selon nos informations, l’incendiaire présumé campait à proximité du parking donnant sur le point de vue du Maïdo, dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 novembre. Et il aurait semble-t-il voulu brûler du papier-toilettes utilisé à la suite d’un besoin pressant.
 

"Un amoureux de la nature"


Le suspect a été mis en examen par un juge d'instruction pour destruction involontaire par incendie. Il a été laissé libre sous contrôle judiciaire et a quitté le tribunal peu avant midi dans une voiture banalisée de la gendarmerie.

Son avocat, Me Mihidoiri Ali, souligne le caractère involontaire de cet incendie. "Mon client est un amoureux de la nature, un érudit de l'environnement. D'ailleurs, c'est pour ne pas laisser de déchets dans la nature qu'il a commis ce geste qui a conduit à cet accident", indique le conseil du mis en cause.

"Sa première réaction a été d'appeler les pompiers. Donc nous n'avons pas à faire à un pyromane ou à un homme dangereux, c'est juste un accident", poursuit Me Ali qui assure que son client a aussitôt appelé les pompiers.

Regardez ci-dessous l'interview de Me Mihidoiri Ali, l'avocat du suspect :
 
tw de Mihidoiri Ali avocat de l'incendiaire du maido

 

Le suspect confondu grâce à un témoin


Lundi dernier, les enquêteurs de la gendarmerie s'étaient rendus sur les lieux accompagnés d’un spécialiste du SDIS et ils avaient pu identifier deux points de départs de feu.

Mardi, ils avaient lancé un appel à témoins. Et c’est justement grâce à un témoin, nous indique une source judiciaire, que les gendarmes ont pu confondre le suspect : l'homme de 36 ans a alors été placé en garde à vue vendredi.

Il s'agit d'un homme qui parcourt l'île depuis trois mois avec sa compagne à bord d'un camping-car. Et il se trouvait bien au niveau du grand parking du Maïdo vendredi soir, comme plusieurs personnes l'ont confirmé aux autorités.
 
Les moyens d'investigations avaient encore été renforcés mercredi avec l'arrivée deux experts de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale spécialisés dans ce genre de sinistre.
 

Un précédent à Mafate en 2010...


Plus de 175 hectares de végétation ont déjà brûlé dans cet incendie qui est pour l'instant maîtrisé par les pompiers. Rappelons que le Maïdo a déjà connu deux incendies aux conséquences terribles pour la faune et la flore en 2010 et en 2011.

Et les explications de celui qui est soupçonné d'avoir provoqué l'incendie ne sont pas sans rappeler celles données par une randonneuse jugée en février 2011 devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis.

Quelques mois plus tôt, en novembre 2010, cette dernière avait provoqué un incendie qui avait détruit un hectare de forêts dans le cirque de Mafate, en brûlant, elle aussi, le papier toilette qu’elle venait d’utiliser. Un comportement qui se voulait écologique... La randonneuse avait écopé de 1 500 euros d'amende avec sursis.
 

Une peine de trois ans de prison et une amende de 45 000 encourues


Pour des faits de destruction involontaire par incendie, et qui plus est, dans une forêt et une zone où les feux sont-interdits, l’auteur présumé encourt une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.

Par ailleurs, des dommages et intérêts peuvent également être réclamés par exemple par le parc national. La randonneuse jugée en 2011 avait d'ailleurs été aussi condamnée à verser la somme de 74 000 euros au Parc national. Des sommes qui sont en général couvertes par les assurances lorsque les faits sont involontaires.

Regardez le reportage d'Angélique Le Bouter sur Réunion La 1ère :
 
L'incendiaire présumé du Maido a été mis en examen ce dimanche