Les maires divisés sur la question d’un reconfinement face à une crise sanitaire sans précédent à La Réunion

La Réunion en confinement en mars 2020.
Le préfet de La Réunion doit annoncer cette semaine de nouvelles mesures de lutte contre le covid-19, alors que la situation sanitaire n’a jamais été aussi dégradée dans l’île. Entendus par le préfet hier, les maires sont divisés sur un éventuel reconfinement.

Quelles mesures faut-il adopter face à la dégradation de la situation sanitaire à La Réunion ? Ce mardi 27 juillet, l’Agence Régionale de Santé va publier les derniers chiffres de l’épidémie dans l’île, mais selon Santé Publique France, ils ne sont pas bons. Jamais atteint, le taux d’incidence est désormais de 311,9 pour 100 000 habitants.

Des annonces reportées

Prévue ce mardi, la conférence de presse du préfet est reportée ultérieurement. Jacques Billant se donne encore le temps de la réflexion et de la consultation avant d’annoncer de nouvelles mesures de lutte contre le coronavirus.

Hier, il s’est entretenu avec la communauté médicale, les acteurs économiques et les élus locaux. Les 24 maires du département sont divisés sur les mesures à adopter.

Contre le reconfinement

La maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts s’oppose à un éventuel reconfinement. Elle demande "une gestion locale renforcée".

Le confinement qui n’est pas une solution pérenne pour endiguer durablement la maladie. Il fragilise les personnes les plus vulnérables et les plus isolées qui subissent encore aujourd’hui les conséquences du premier confinement ; n’allège que de manière très temporaire la saturation du milieu hospitalier et touche durement les milieux associatifs, culturels et sportifs (…) et le milieu économique.

Ericka Bareigts

 

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Les maires divisés sur le reconfinement éventuel

 

La maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts propose "le déploiement d’un hôpital militaire accompagné d’un renfort de personnel pour soutenir le CHU de La Réunion". Selon elle, il faut aussi "renforcer les contrôles sur les gestes barrières et les regroupements de personnes", et "faciliter la vaccination des Réunionnais".

Le maire de Sainte-Suzanne, Maurice Gironcel, n'est pas favorable au confinement. Il soutient la vaccination et il préconise l'effort à faire pour éviter les rassemblements.

Pour le reconfinement

A l’inverse, d’autres élus, comme la maire de la Possession, Vanessa Miranville, réclament le confinement face à "une situation très critique".

Nous refusons de prioriser les entrées en réanimation, il faut avoir le courage de prendre des mesures fortes. Le confinement de deux ou trois semaines est la mesure indispensable, le temps que l’on puisse limiter la circulation des personnes et par conséquent du virus. Il faudra de toutes façons faire un confinement à un moment ou à un autre.

Vanessa Miranville

 

Le maire de Petite-Ile, Serge Hoareau, préconise aussi "un confinement strict de trois semaines". 

L'emballement de l’épidémie de Covid-19 nécessite des mesures fortes et même impopulaires.

Serge Hoareau

 

"Les couvre-feux successifs n'ont pas suffi, ils ont freiné la vague, mais pas stoppé la transmission", remarque le maire de Petite-Ile. "Pourtant le couvre-feu à 23h à duré 14 semaines," rappelle Serge Hoareau qui souligne que "le confinement permettrait aussi aux entreprises d'obtenir des aides"

Regardez son interview sur Réunion La 1ère :

Interview de Serge Hoareau, président de l’association des maires de La Réunion

 

La saturation hospitalière

Au sommet de l’Etat, la question du sort de La Réunion est aussi posée. Lundi, le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu a écrit sur sa page Facebook que "les préfets, en concertation avec les acteurs locaux, sont prêts à aller plus loin que le couvre-feu si la situation le nécessite".

Une situation qui n’a jamais été aussi dégradée dans l’île. Dans un communiqué, lundi, la direction du CHU a tiré la sonnette d’alarme en prévenant que la tension était extrême sur les services hospitaliers. La quasi-totalité des lits de réanimation sont occupés, et "la question d’un transfert de patients vers la Métropole ou Mayotte est désormais une option qui ne peut être éludée", affirme le Centre Hospitalier Universitaire de La Réunion.