Madagascar : accord signé entre les pêcheurs de Fort-Dauphin et la QMM

pêche
Village d'Andrakaraka 10 mai 2022
Les pêcheurs d'Andrakaraka et des environs ne pouvaient plus pêcher depuis le 12 mars et la découverte de poissons morts dans cette rivière située en aval de la mine de la QMM ©Capture d'écran Madagascarevatraha (Facebook)
Le conflit opposant les petits pêcheurs de Fort-Dauphin et la société minière QMM a été signé en fin de week-end. La pêche et sa vente étaient interdites, de la mi-mars, suite à la mortalité inexpliquée de nombreux poissons.

Qu'est-ce qui a tué les poissons de l'Andrakaraka ? La proximité de la mine semblait être la réponse évidente. Pourtant, la direction de la QMM certifie posséder des analyses qui prouvent son innocence.
Les pêcheurs qui manifestaient et avaient installé des barrages ne partageaient pas franchement les mêmes conclusions. Après une semaine de tension extrême, manifestants et dirigeants de la société se sont retrouvés autour de la table, dimanche, pour exposer leurs griefs.

Au terme des discussions, il a été acté que les pêcheurs pouvaient reprendre leur activité et les villageois consommer le produit de la pêche. Selon des prélèvements privés, effectués à la demande du consortium minier, rien ne s'oppose à la consommation des captures effectuées en aval de la structure, écrit 2424.mg.

L'eau est, à nouveau, potable aux robinets


Au sortir de cette réunion dirigée par le gouverneur de la région d'Anosy, Jocelyn Raharimbola, tout le monde, semblait satisfait. Les dirigeants de la mine avaient obtenu l'assurance qu'ils pourraient travailler sans voir la route bloquée. Les pêcheurs reprennent le travail et la commercialisation de leurs poissons. Les habitants de Fort-Dauphin ont obtenu l'assurance de la Jirama (société nationale en charge de la distribution de l'eau) que l'approvisionnement était sous contrôle et qu'il serait rapidement renforcé, précise Midi-Madagascar.

Reste à attendre le résultat des analyses indépendantes. Il faut espérer qu'elles confirmeront les données des dirigeants de la QMM.

Sans préjuger du résultat final, le doute reste raisonnable. Le secteur minier est responsable de nombreuses pollutions dans le monde. Sol, eau, air sont victimes de la surexploitation des sous-sols comme le démontre l'enquête publiée en novembre 2021 par l’association SystExte est révélée par Reporterre.