Maurice : entre engagement climatique et recherche de pétrole offshore

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Pravind Jugnauth, Premier ministre de Maurice, accueilli par Boris Johnson, Premier ministre britannique, et Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies COP26 novembre 2021
Le Premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson et António Guterres, secrétaire général des Nations Unies, accueillent Pravind Kumar Jugnauth, Premier ministre de Maurice, à la COP26 Sommet des dirigeants mondiaux de la 26e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique ©Capture d'écran Indian Ocean News
La COP26 a débuté, dimanche à Glasgow. Lundi, le Premier ministre de l'île Maurice, Pravind Jugnaut s'est engagé, entre autres, à réduire les émissions de CO2 de l'île sœur de 40% d'ici à 2030. . Pourtant, samedi, une manifestation est organisée à Port-Louis contre Offshore Petroleum Bill.

La crédibilité de la parole politique est quotidiennement soumise au filtre des réseaux sociaux. Il est oublié le temps des nouvelles cachetées sous le sceau royal, qui arrivaient parfois, avec des mois de retard. Désormais, l'instantané prévaut. Lundi 1er novembre 2021, devant la presse, le Premier ministre de l'île Maurice s'est engagé pour son pays, à réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre, écrit Défimédia. Il a confirmé son intention d'abandonner le charbon et d'avancer vers une production d'énergie verte : 

  • Pour y parvenir, le pays compte produire 60% de son mixte énergétique à partir des énergies vertes.
  • Éliminer progressivement le charbon dans la production de l’électricité
  • Encourager l’économie circulaire en exploitant au moins 70% des déchets dans le site d’enfouissement.
  • Maurice entend aussi promouvoir l’utilisation des véhicules électriques.
  • Le pays s’est lancé dans un programme de plantation d’arbres à l’échelle nationale.
  • Des plans de soutien sont proposés aux agriculteurs pour accompagner leur transition vers une agriculture raisonnée.
  • Le Premier ministre a lancé un appel aux dirigeants de la planète pour que le Glasgow Package puisse se concentrer sur la mise en œuvre de l’engagement pour un financement climatique annuel de 100 milliards de dollars américains avec un accès plus facile au profit des petits Etats insulaires en développement (PIED) et d’autres pays vulnérables à la crise du climat, note Le Mauricien.

Une manifestation, samedi, contre la recherche de pétrole offshore

 

Samedi, une manifestation est organisée à Port-Louis contre : "Offshore Petroleum Bill", écrit L'Express de Maurice. Un accord a été signé par l'Etat mauricien et des compagnies pétrolières pour qu'elles recherchent de "l'or noir" dans les Zones Économiques Exclusives (ZEE) de ses îles. Si ces investigations sont positives, l'exploitation sera autorisée. 

L'accord a été entériné par l'Assemblée nationale, ce mardi 26 octobre 2021. Un timing désastreux à quelques jours de la COP26 avait souligné Paul Bérenger, leader de l'opposition à l'île Maurice

Devant les députés, le Premier ministre avait défendu cette démarche par l'urgence de redresser l'économie de l'île Maurice après la crise Covid. Si, l'exploitation est possible, les sociétés se sont engagées à embaucher localement et à développer une industrie sur place. Si, la démarche économique et politique est compréhensible, elle semble être en contradiction avec les engagements pris devant la COP26.

Les importations pèsent lourd dans le bilan carbone de l'île Maurice

L'île Maurice comme La Réunion, petites îles perdues au milieu de l'océan Indien, ont un bilan carbone plutôt favorable. Globalement, par nombre d'habitants, notre bilan est inférieur à la classe moyenne européenne, américaine et chinoise. Pourtant, quand on ajoute les émissions des portes conteneurs indispensables pour assurer le ravitaillement des pays, la note en CO2 explose. 

Les bateaux de marchandises, comme les navires de croisières fonctionnent grâce au fuel lourd. Les moteurs, les cheminées, les filtres ont été modifiés. Depuis 2009, les émissions sont sans commune mesure avec les précédents transporteurs maritimes, comme l'explique Libération dans un Checknews publié en septembre 2018. Cependant, ils émettent enormémement de gaz à effet de serre. Leur impact sur l'environement et la santé restent considérables. 

Pourtant, aujourd'hui, ces bateaux sont indispensables et irremplaçables.