Mobilisation des planteurs : des avancées mais toujours pas d'accord à l'issue de la rencontre avec les sucriers

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Mobilisation des planteurs devant la préfecture dans le cadre des négociations compliquées autour de la prochaine convention canne à La Réunion
Mobilisation des planteurs devant la préfecture dans le cadre des négociations compliquées autour de la prochaine convention canne à La Réunion ©Alix Catherine
A la préfecture, la réunion entre planteurs et usiniers s'est achevée ce jeudi sans qu'un accord ne soit trouvé sur la future convention canne 2022-2027. Les planteurs saluent l'effort financier que l'Etat et Albioma sont prêts à faire, tout en déplorant que Tereos n'ait pas participé physiquement aux discussions. La mobilisation continue.

Plus déterminés que jamais, les planteurs ont montré qu'ils étaient prêts à durcir le ton si les discussions sur la future convention canne pour la période 2022-2027 ne connaissaient pas d'avancées significatives. Après le convoi de tracteurs parti du sud de l'île jusqu'à la préfecture, à Saint-Denis, ils ont défilé avec leurs engins dans les rues du chef-lieu pour "faire monter la pression".

Et à l'issue de la nouvelle réunion qui s'est tenue ce jeudi après-midi à la préfecture avec le représentant de l'Etat et les industriels du sucre, ils ont fait part de leur relative satisfaction bien qu'ils aient tout de même regretté que les représentants du groupe Tereos ne se soient pas déplacés sur place, préférant ainsi participer aux négociations par visio-conférence. "C'est vraiment dommage, commente Jean-Michel Moutama, le président de la CGPER. C'est vraiment pour nous un manque de considération et de respect. On ne comprend pas leur réaction".

Regardez le reportage de Réunion La 1ère :

Une prime bagasse qui sera réévaluée

Pour sa part, Albioma, qui entend exploiter la bagasse pour produire de l'énergie, s'est dit prêt à faire un effort pour accompagner la filière canne à La Réunion. "On ne peut être que satisfait, relève ainsi Jean-Michel Moutama. Ils sont prêts à faire une proposition qu'on aura d'ici demain vendredi".

L'Etat s'est quant à lui engagé à réévaluer le prix de la bagasse en fonction également du taux de fibre de la canne. "Aujourd'hui, on a 14,50 euros de bagasse, répartis en 2 euros pour le planteur et 12,50 euros pour les industriels, pour 15,43 de taux de fibre, explique Jean-Michel Moutama. La prime bagasse va évoluer et être amenée à augmenter en fonction du taux de fibre qu'on aura, jusqu'à un seuil à déterminer avec les industriels mais c'est une avancée et il y aura des sous supplémentaires même si ça reste à finaliser".

L'interview de Jean-Michel Moutama sur Réunion La 1ère :

Convention canne : ti pa, ti pa, kansa va rivé ?

Rendez-vous avec Tereos mardi prochain

Une nouvelle réunion est prévue demain vendredi en préfecture entre les planteurs, le préfet et les distilleries. Mardi prochain, le 5 juillet, les planteurs devraient cette fois-ci bien s'entretenir de visu avec les représentants de Tereos.

Dans l'attente, les planteurs indiquent maintenir la mobilisation, et en particuliers sous les fenêtres de la préfecture, sur le front de mer dionysien.