Les Jardins de Manapany ne rouvriront pas, mais "ne seront pas privatisés", assure le maire de Saint-Joseph

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Manapany, dans le sud-sauvage.
Manapany, dans le sud-sauvage. ©Imaz Press
Depuis mai, les Jardins de Manapany sont fermés au public. Une décision contestée par un collectif mobilisé à de nombreuses reprises. Il n’y aura pas de réouverture des Jardins, mais "ils ne seront pas privatisés", assure, mardi 1er décembre, le maire de Saint-Joseph.
Des banians, un bassin, des jardins, un gécko vert, ou encore une barrière de corail : Manapany, coin de paradis du sud sauvage, est en proie aux tensions. Manifestations, condamnations et même insultes, depuis le mois de mai, la situation est tendue. Ce mardi 1er décembre, le maire de Saint-Joseph sort de son silence.

Patrick Lebreton, assure que les Jardins de Manapany "ne seront pas privatisés". Pour autant, ils ne vont pas rouvrir. Seul l’accès au bassin reste permis.

Regardez son interview ci-dessous :
 

Les jardins et la maison pour les associations

Patrick Lebreton veut "faire taire les fausses rumeurs et les fausses informations". Point par point, le maire revient sur sa décision. Jusque-là, les Jardins, installés sur un terrain communal privé, étaient libre d’accès et très prisés des rassemblements familiaux et amicaux.

"La fermeture des Jardins a été décidée suite à des nuisances sonores devenues insupportables sur le site", assure Patrick Lebreton qui pointe du doigt "l’association les 3 Peaks qui occupe les lieux".

Selon lui, ces manifestations culturelles drainent beaucoup de monde, et la "consommation d’alcools et de produits stupéfiants a été remarquée". Il assure que des plaintes sont déposées par les riverains depuis 2018. Pour Patrick Lebreton cette fermeture était nécessaire "pour mettre fin aux dérives et pour que les associations de Saint-Joseph se réapproprient les lieux".

Le maire promet que la maison privée de Manapany, de René Técher, rachetée par la mairie en 1967, sera mise à disposition de ces associations.

Regardez les précisions de Réunion La 1ère : 
Le maire de Saint-Joseph, Patrick Lebreton, fait le point sur la fermeture des Jardins de Manapany
  

Protéger les banians et le gécko vert de Manapany

Le maire assure aussi que les banians de Manapany ne seront pas abattus, mais "élagués tous les 3 ou 4 ans, pour préserver la sécurité du site". Le gécko vert de Manapany, espèce endémique, sera lui protégé, promet Patrick Lebreton qui rappelle que "le bassin est accessible et le sera toujours".
 

Et la construction de l’hôtel de luxe ?

Le maire de Saint-Joseph veut aussi apaiser les esprits sur le projet de construction d’un hôtel. "Il ne sera pas construit les pieds dans l’eau, ni dans la cour de la maison municipale, mais entre le boulevard de l’Océan et la Route Nationale 2", explique Patrick Lebreton qui prend le Palm comme exemple de "réussite". 

Le groupe hôtelier, Jean-Patrick Dijoux, devrait y construire un hôtel de luxe, quatre étoiles, de trente chambres. Il sera situé au-dessus du site de Manapany, sur un terrain acheté par la mairie et loué à la Société d’Exploitation Hôtelière du Casino du Sud, gérée par Patrick Dijoux.
 
Manifestations aux jardins de Manapany
©Laurent Pirotte
 

"Pas de QG Zazalés à Manapany"

Durant sa conférence de presse, le maire a voulu rassurer en réaffirmant qu’il "n’y aurait pas de gentrification de Manapany". Il rappelle que la mairie a construit des logements sociaux dans ce secteur.

Il a aussi prévenu qu’il "n’y aurait pas de QG Zazalés à Manapany", en référence aux Gilets Jaunes du rond-point des Azalés du Tampon qui soutiennent le Collectif des Usagers des Jardins de Manapany.

Le ton était monté sur la fermeture du site avec l’installation de clôtures. Alors que tous les dimanches, le Collectif était mobilisé pour manifester son mécontentement, le 27 septembre dernier, la situation a dégénéré. Des gendarmes ont été contraints d'utiliser du gaz lacrymogène pour repousser des manifestants. Un véhicule de la gendarmerie avait été dégradé. Des manifestations du "QG Zazalés" avaient été condamnés. Une pétition avait aussi été lancée pour demander la réouverture des Jardins au public. Elle est signée par de nombreuses personnalités réunionnaises.
 
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