Séquestration des agents de la DAAF : trois éleveurs devant le juge

justice plaine des cafres
Vache morte Plaine des Cafres élevage DAAF
©Alix Catherine

Des éleveurs bovins comparaissent aujourd'hui au tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Jean-Paul Bègue, Mélusine et Georges Lauret doivent répondre de maltraitances animales mais aussi de séquestration de trois agents de la DAAF. Des faits qui remontent à juillet 2019. 

Trois éleveurs sont aujourd'hui, à la barre du tribunal correctionnel de St-Pierre. Le couple d'éleveurs Mélusine et Georges Lauret ainsi que Jean-Paul Bègue devront répondre de mauvais traitement sur leurs animaux, mais aussi de la séquestration de trois agents de la DAAF - Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de La Réunion. Des faits qui remontent aux 29 et 30 juillet 2019. 

 

 

Des bêtes mortes de la Leucose bovine ?

Ces agents s'étaient rendus à la demande du procureur de Saint-Pierre sur l'exploitation du couple d'éleveurs bovins, Mélusine et Georges Lauret sitiée à la Plaine des Cafres. Plusieurs vaches avaient été signalées anonymement comme atteintes de leucose bovine, une maladie contagieuse. Selon les trois agents, à leur arrivée, ils n’ont pas pu voir la bête. De son côté, l’éleveur affirme que les agents ont euthanasié l'animal, sans son consentement, avant même qu’il arrive sur place. Les Lauret qui qualifiaient au moment des faits, cette intrusion des services de l'Etat sans autorisation d'"inadmissible". 

 

Trois agents de la DAAF bloqués

Mais le ton monte dans la soirée. Rejoints par des membres de l'ADEFAR - Association de Défense des éleveurs de La Réunion et quelques "Gilets jaunes", tous demandent des explications et décident de retenir les trois fonctionnaires de la DAAF. Ils réclament un rapport détaillé sur cette intervention. Les agents de la DAAF passent la nuit dans leur voiture sous la surveillance des éleveurs. Leur départ est négocié au petit matin au terme d’intenses négociations. Ce n'est que le lendemain midi, le 30 juillet 2019, qu'ils quittent les lieux. Deux agents décident alors de porter plainte et le préfet de s'y associer. 

Des éleveurs exclus de la Sicalait 

Le procès se tient actuellement au tribunal correctionnel de Saint-Pierre sur fond de la leucose bovine. Les éleveurs devront s'expliquer sur des faits de maltraitance animale et répondre des accusations de séquestrations d'agents.

 

Pour rappel, les agriculteurs Georges Lauret et Jean-Paul Bègue ne sont pas d'illustres inconnus dans le milieu. Cela fait des années qu'ils dénoncent haut et fort la mortalité inédite de leurs cheptels. Des éleveurs qui travaillent à perte et accumulent les dettes. Impuissants face à cette situation, le 11 mars 2019, les éleveurs avaient transporté devant les locaux de la DAAF, les cadavres de deux de leurs vaches. Le couperet tombe moins de deux semaines plus tard, la Sicalait annonce l'exclusion de Georges Lauret et Jean-Paul Bègue.

Les prévenus réfutent les accusations

Entendu depuis 14 heures, Jean Paul Bègue réfute catégoriquement la maltraitance animale. Pour lui, lorsqu’il a été évincé de la Sicalait, il a dû intervenir pour tarir ses vaches afin qu’elles ne donnent plus de lait. Pour cela une seule solution, diminuer les rations de nourriture afin que les animaux ´ne produisent plus de lait. Pour le couple d'éleveurs, Mélusine et Georges Lauret, la situation est un peu différente. Leurs bêtes mourraient les unes après les autres, atteintes par la leucose bovine. Après leur éviction de la Sicalait, les soucis financiers se sont accumulés faute de revenus. Ils n’avaient plus suffisament de moyens pour payer les médicaments pour soigner les animaux. Le jugement pourrait être mis en délibéré.