Coronavirus : les festivités du 14 juillet annulées à Saint-Pierre et Miquelon

coronavirus
Fête nationale
La fête nationale, à Saint-Pierre. ©SPM 1ère
À deux jours du 14 juillet, les mairies de Saint-Pierre et de Miquelon-Langlade ont choisi d'annuler les évènements prévus pour "protéger la population", en pleine épidémie de Covid-19. Une décision qui prive certaines associations d'une part importante de leur budget annuel. 
Aussitôt installée, aussitôt démontée. À Saint-Pierre, l'estrade prévue pour les festivités de la fête nationale a été enlevée ce lundi 13 juillet. La mairie de la commune a en effet choisi dimanche 12 juillet d'annuler les évènements prévus pour l'occasion. Une décision prise après l'annonce d'un troisième cas positif à la Covid-19 dans l'archipel

À lire aussi > Coronavirus : où se faire dépister avant de prendre l'avion pour Saint-Pierre et Miquelon ?

"J'estime que tout n'est pas mis en oeuvre pour avoir un 14 juillet apaisé et qui puisse se dérouler de la meilleure façon possible", a ainsi expliqué Yannick Cambray, le maire de la commune, évoquant les trois personnes porteuses du virus actuellement en quatorzaine. "Ces trois cas sont quand même une piqûre de rappel" a-t-il ajouté, avant d'inciter la population à mettre en oeuvre les gestes barrières. Le maire a néanmoins précisé qu'il n'était pas question d'un reconfinement à l'heure actuelle. 
 

"Je ne peux que conseiller aux gens de mettre en place les gestes barrières, ce qui n'est pour l'instant malheureusement pas le cas, ici, à Saint-Pierre et Miquelon." - Yannick Cambray, maire de Saint-Pierre 


Quelques heures plus tard, la municipalité de Miquelon-Langlade annonçait dans un communiqué avoir pris la même décision qu'à Saint-Pierre, "pour la sécurité de tous et afin d'éviter la propagation du virus". "Merci de respecter les gestes barrières pour se protéger et protéger les autres", a ajouté dans le communiqué Yannis Coste, le président de la délégation spéciale de Miquelon.
  

Un manque à gagner pour les associations 


Suite à ces annonces, les exposants ont dû s'organiser. "Nous avons tout de suite appelé les boulangeries pour annuler nos commandes", commente Erika Arrossaména, du Lions club de Saint-Pierre. Dans l'ensemble, il ne devrait pas y avoir trop de gâchis alimentaire, la plupart des associations n'ayant pas encore commencé la préparation des plats qu'ils souhaitaient vendre. "On a été prévenu à temps, pour éviter des dépenses inutiles", assure Jean-Pascal Dodeman, du club de hockey "les missiles". "Les pertes sont très minimes puisqu'on avait congelé nos préparations", relate quant à lui Damien Janil, de l'équipe de hockey "les cougars". "Pour ce qui avait déjà été acheté, les commerçants ont joué le jeu de tout reprendre. Donc finalement on s'en sort avec des pertes très minimes." Le maire de Saint-Pierre a promis dimanche que les associations avec stands de nourriture seraient remboursées entièrement des achats alimentaires non utilisés. 

À lire aussi > À Saint-Pierre, la mairie finance des terrasses pour les cafés et les restaurants

En revanche, "il est évident qu'on ne pourra pas donner aux associations le bénéfice escompté de ces festivités", a précisé Yannick Cambray.  Un grand nombre d’entre elles comptaient sur ces recettes pour financer leurs actions. "On fait en général un total de 7 000 euros la journée du 14 juillet" affirme Erika Arrossaména. "Avec ça, on paie toutes les charges du club et on reverse aussi une partie de l'argent à l'organisme pour lequel on oeuvre." L'équipe des cougars, qui devait prendre part à la fête nationale pour la première fois cette année, estime également que le manque à gagner sera important. "On a des projets à venir, dont un déplacement en France. Pour nous, c'était quand même non négligeable de participer à ce 14 juillet", se désole Damien Janil. "On va essayer de trouver d'autres évènements dans l'année pour faire rentrer de l'argent." 

L'annulation des festivités est néanmoins comprise des exposants.  "C'est une décision sage parce qu'on sait très bien que le 14 juillet, les gestes barrières n'auraient pas été respectés", assure ainsi Jean-Pascal Dodeman. Damien Janil renchérit : "on est très déçus, mais on comprend la décision de la mairie, au vu de la situation sanitaire."





 
Les Outre-mer en continu
Accéder au live