Impasse à l'aéroport de Wallis: un médiateur demandé par la Grande Chefferie

conflit social
aéroport Hihifo
Aéroport de Hihifo - Wallis
Toujours pas d'avion à Wallis. Le Préfet a obtenu un référé en justice avec astreinte financière. Et ce mercredi toute la Grande Chefferie de Wallis a apporté son soutien au mouvement qui exige "emploi contre terre" et demandé à la Ministre des Outre-mer la nomination urgente d'un médiateur.
L'horizon reste bouché dans le conflit de l'aéroport. Une trentaine de villageois du nord en compagnie de deux ministres coutumiers de la Grande Chefferie et la chefferie du nord bloquent l'accès à l'aéroport depuis dimanche en fin de journée.
Pas de sortie de crise en vue pour le moment. Une crise qui est la plus grave depuis l'ouverture de l'aéroport. 
Les positions sont bien ancrées dans leur antagonisme.

L'enjeu de l'emploi foncier

D'un côté les coutumiers et les villageois. Le conflit est parti d'une embauche de  demandée par le district -et refusée par l'Aviation civile. Un de ces "emplois fonciers" qui sont ancrés dans la culture wallisienne (voir article sur notre site web wallisfutuna.la 1ere.fr) dans sa relation avec l'Etat.
Une "goutte d'eau" qui fera rapidement déborder le vase... "Nous voulons mettre le "holà" pour stopper cette effusion (d'emplois) et pour remettre les problèmes sur la table et qu'on puisse discuter avec les autorités" déclarait dès hier le ministre de la Grande Chefferie l'uluimonua Pasilite Hensen.

Acte de vente du terrain en bonne et due forme

De l'autre, l'administration et le Préfet. Pour Marcel Renouf ce conflit ne repose sur rien et ne sert "que l'intérêt limité de quelques personnes".
Il se dit ouvert à la discussion mais à condition que le blocage de l'aéroport soit d'abord levé. Il affirme que des "discussions ont encore eu lieu la semaine dernière".
Dans un reportage il montre devant la caméra les documents attestant que les coutumiers et le Roi Tomasi Kulimoetoke  avait signé en 1959 avec la chefferie un acte de vente de 90 hectares de terres pour 3 millions de CFP. Et souligne qu'il n'est nullement fait mention "d'emplois fonciers" accompagnant cette cession.
Il lance la machine judiciaire pour lever le blocage. La cour d'appel de Nouméa, saisie en référé hier, exige dans une ordonnance rendue exécutoire immédiatement la libération de l'aéroport et décide d'une astreinte financière en cas de non-respect de sa décision. Sont visés les 5 chefs coutumiers du district nord. La menace est lourde : 100 000 CFP par jour et par personne.

Asphyxie progressive de Wallis et Futuna

Tous les vols sont annulés, aussi bien le vol international que les vols domestiques vers Futuna. C'est le "cordon ombilical" qui relie Wallis et Futuna au reste du monde qui est aujourd'hui coupé. 
Les conséquences sanitaires (evasans par vol régulier), commerciales, économiques -et jusqu'au vice-rectorat dont les copies du bac pro sont bloquées à Wallis- sont nombreuses. Près de 80 futuniens sont coincés à Wallis. De nombreux passagers en provenance de Paris sont obligés de rester à Nouméa. Les emplois du temps sont bouleversés.

La Grande Chefferie demande un médiateur

Les "grands élus" ne sont pas présents sur le Territoire. Ni le Président de l'Assemblée territoriale, ni le député, ni le Sénateur, ni le tout nouveau Conseiller économique et social. Ils sont tous à Paris ou dans un avion vers la capitale pour le sommet France-Océanie et pour la COP 21.
Ils ont été  alertés de l'asphyxie progressive de l'île. Il est probable qu'ils s'exprimeront rapidement. D'autant qu'un courrier signé par toute la Grande Chefferie sera demain sur le bureau de la Ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin. Les coutumiers demandent en urgence la nomination d'un médiateur dans l'impossibilité de nouer ici un dialogue.
Un élément nouveau qui devrait mettre tout le monde autour d'une table...


















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