Basse-Terre au temps du "laisser-passer" et des autorisations de déplacements

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Boulevard Maritime de Basse-Terre 15 août 1976
Boulevard Maritime de Basse-Terre 15 août 1976 ©Document INA
Depuis ce mardi 17 mars 2020, les Guadeloupéens, comme tous les Français, sont soumis à des déplacements justifiés par une autorisation. Une obligation qui ne manquera pas de rappeler aux habitants du Sud Basse-Terre l'époque où l'accès à leur domicile était soumis à l'obtention d'un laisser-passer
Avec l'instauration d'un confinement plus resserré, les Français s'habituent depuis ce mardi 17 mars 2020 à l'obligation de se déplacer avec un document téléchargé qu'ils ont préalablement rempli pour pourvoir circuler malgré les restrictions. Une attestation de déplacement dérogatoire devenue désormais le sésame de tout déplacement. 
Certains s'en amusent, d'autres s'en offusquent, tous se le renvoient sur les réseaux sociaux avec à chaque fois, la meilleure formule pour le remplir à la main et même en ligne.
Une situation qui n'a pas dû manquer de réveiller de vieux souvenirs dans l'esprit des habitants du Sud Basse-Terre, les plus vieux, ceux qui ont eu à vivre l'évacuation de cette zone en 1976, la période du réveil de la Soufrière et de la menace d'une proche éruption.
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Ce 15 août 1976, ce ne sont pas moins de 70 000 personnes qui doivent tout quitter pour trouver refuge ailleurs, dans le reste de l'île. Et jusqu'au mois de décembre 1976, le Sud Basse-Terre devient une zone interdite. Beaucoup veulent malgré tout y retourner le plus souvent possible. Mais à l'époque, pas d'internet pour télécharger un document qui leur donnerait doit à le faire. Ils doivent, dans un premier temps se rendre à la Sous-Préfecture de Pointe-à-Pître, devenue désormais le siège de la Préfecture de la Guadeloupe, pour demander un "laisser-passer" qui leur permettra d'entrer dans cette zone déclarée "Zone interdite". 
Une fois le "laisser-passer" délivré et tamponné, ils doivent se rendre à Goyave où une barrière grillagée a été mise en place et est gardée par des gendarmes bien armés. Ce sont eux qui contrôlent la validité du "laisser-passer" en rappelant à tous ceux qui franchissent le barrage que l'autorisation est temporaire, qu'ils n'ont que trois heures pour circuler dans la zone et qu'ils y pénètrent "à leurs risques et périls".
Jour de cendres 3
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Le "laisser-passer" sera le sésame des Basse-Terriens jusqu'au 12 décembre 1976, date à laquelle, le Sud Basse-Terre cesse d'être une zone interdite. Mais ces quatre mois l'auront définitivement affaibli. Quarante quatre ans plus tard, la notoriété et les grandes heures de Basse Terre ne font plus partie que des souvenirs de ceux qui ont vécu 1976, à l'époque de la zone interdite et des "laisser passer".
Jour de cendres 2
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