Deux des quatre acteurs du meurtre de David Vincent de nouveau devant la Justice

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Palais de Justice de Basse-Terre
Palais de Justice de Basse-Terre ©E. Stimpfling
Le 12 juin dernier, la Cour d'Assises avait conclut à la culpabilité des quatre protagonistes du meurtre de David Vincent et leur avait infligé des peines allant de 10 à 25 ans. Jean-Marc Lavinier et Yannick Galle ayant fait appel, ils comparaissent à nouveau devant la Cour.

Pour la Justice, David Vincent a été tué le 16 janvier 2019 chez lui sous les yeux de sa famille par deux jeunes cambrioleurs aux ordres d’un commanditaire, qui louait des voitures et voulait récupérer son argent.

Le commanditaire, Jean-Marc Lavinier a été condamné le 11 juin dernier par la Cour d’Assises de la Guadeloupe à 25 ans de réclusion criminelle. Son chauffeur et ami, Yannick Galle a été condamné à 10 ans de prison. Les deux meurtriers, Kurel Blombou et Yann Destain avaient 18 ans quand ils ont assassiné David Vincent. Ils ont été condamné à 22 ans de réclusion criminelle.
Et ce sont les deux autres condamnés qui ont tenu à être rejugés.

Le jour des "gentils garçons"

Les débats ont tout d'abord permis à la Cour d'entendre à nouveau le récit de celle qui a dirigé l'enquête. Un récit qui lui aura permis de souligner que, dès alors, les deux hommes dans le boxe des accusés avaient contesté leur implication dans le meurtre de David Vincent. Enfin, un récit qui se fait en présence une nouvelle fois de la famille, à l'exception de la plus jeune, trop traumatisée pour être présente dans cette salle d'Assises.
Une famille face à ces deux hommes qui souhaitent voir revu le rôle joué par eux dans cette affaire. Deux hommes dépeints par leurs proches et par eux-mêmes comme des gentils garçons. Des garçons qui n'en ont pas moins à leur actif, cinq condamnations pour l'un ou quinze mentions au casier judiciaire pour l'autre.
Deux "gentils garçons" comme Jean-Marc Lavinier qui ne s'est pas privé pour autant d'avoir une conversation téléphonique avec sa compagne alors qu'il était en prison pour l'inviter à mentir aux gendarmes et à dire que la voiture était louée pour elle et pas pour lui.
L'avocate générale en profite d'ailleurs pour rappeler à Jean-Marc Lavinier toutes les fois où sa prétendue générosité l'aura placé dans des situations similaires avec "des petits jeunes" qu'il dit avoir voulu aider. En avril 2018 par exemple, où une vidéo surveillance le montre en train d'attendre dans une voiture tandis que ses passagers perpétraient un braquage ; la même attitude que celle dans laquelle il se trouve dix mois plus tard, lors du meurtre de David Vincent ; deux exemples qui ne peuvent relever d'une coïncidence.

L'audition des deux autres acteurs de l'affaire actuellement incarcérés

La deuxième journée ce mercredi a permis d'auditionné les deux autres accusés qui sont eux incercérés. D'abord Yann Destain qui purge sa peine à Lannemezan. Cette fois, l'homme est entièrement revenu sur ses premières affirmations, disculpant les deux accusés en minimisant leur rôle : Il ne s'agissait que d'un stop, ils n'étaient au courant de rien et n'avaient même pas du voir les armes que lui et Kurel Blombou avaient sur eux. Leur commanditaire serait d'ailleurs quelqu'un d'autre qu'il ne connaissait pas. Le Parquet a alors souligné toutes les menaces dont il pouvait faire l'objet et qui expliquerait son changement de version.
Sans grande surprise, l'audition de Blombou, incarcéré à Baie-Mahault, est venue confirmer la nouvelle version de Yann Destain, s'excusant  même de les avoir impliquer dans cette affaire. 

Une après-midi pour entendre le témoignage de la famille

Ce rappel des faits par les différents acteurs de ce meurtre n'aura pas été le seul à venir présenter à la Cour ce qui s'est passé le 16 janvier 2019. La famille elle aussi a été entendue. 
Et c'est d'abord Rémi, le fils de David Vincent, qui est venu redire ce qu'il a vécu le jour du meurtre de son père. Il en a profité pour exprimer sa tristesse face aux témoignages des meurtriers de son père qui nient leurs premières déclarations. 
Un sentiment forcément partagé par sa mère. Comme son fils, Hélène Vincent retrace à la barre ce fameux 16 janvier 2019 qui a changé le cour de sa vie. Au point qu'aujourd'hui elle s'en veut encore de s'être protégée des malfaiteurs. Elle parle aussi du mal-être de sa fille Julie, absente aujourd'hui en raison de tous les problèmes psychologiques qu'elle vit désormais. Tous espèrent que la justice saura prendre en compte le drame qu'ils vivent depuis la mort de leur mari et père.

Ce jeudi, la Cour devrait d'abord écouter le témoignage de Marie, l'autre fille de David Vincent. Puis elle procèdera à l'interrogatoire des deux accusés.
Prévues pour ce jeudi après-midi les réquisitions pourraient être reportées au vendredi en raison du retard pris dans l'examen de l'affaire.

Rappel des précédentes étapes de l'affaire : 

Des mises en examens après le meurtre perpétré mercredi soir à Jarry Houelbourg à Baie-Mahault

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