Duel en filigrane pour la présidence de la Chambre de Commerce et d'Industrie des Îles de Guadeloupe

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Duel en filigrane pour la CCIIG
©Guadeloupe la 1ère

Comme un combat à distance entre des belligérants qui ne se sont déclarés aucune guerre officiellement, le climat qui règne dans les sphères des socioprofessionnels laisse transparaître un combat de longue haleine pour les prochaines échéances électorales avec pour enjeu, la gestion de la CCIIG.

Les deux jours de conflit et de blocage révèlent bien plus que des dettes fiscales et sociales à régler ou à supprimer. Tout au long des négociations, au détour des différentes prises de position, on a pu percevoir des cibles et des enjeux qui dépassent la seule situation sociale.

Ainsi, dans les communiqués à propos du mouvement et des barrages, on pouvait noter ceux qui exprimaient un soutien et ceux qui dénonçaient la méthode. Si plusieurs organisations socioprofessionnelles disaient comprendre les raisons du mouvement et même, pour certaines, le soutenir, on peut aussi souligner la désapprobation, notamment, de l'Union Des Entreprises et du Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie des Îles de Guadeloupe. 

Or, en pleine négociation, Jean-Yves Ramassamy fait un clash. Il dénonce les personnes qui auraient ébruité les éléments des discussions en cours. 

Jean-Yves Ramassamy Porte-Parole du collectif

Dans les conversations périphériques, il n'hésite pas à mettre les projecteurs sur les ennemis de la cause.

José Gaddarkhan, de plus en plus candidat à la présidence de la CCIIG

Des ennemis que le discret leader du mouvement, José Gaddarkhan, affronte déjà sur un autre terrain. Celui de la présidence de la CGPME (Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises). Depuis plusieurs mois, le patron du BTP guadeloupéen était en guerre ouverte contre l'homme en place, Jean Kassis, président qui n'aurait certes pas dérangé l'UDE-MEDEF, mais qui était contesté par les partisans de José Gaddarkhan. Ce dernier a même déjà été proclamé président par intérim de la CGPME

Moins en pointe et en verve que son tonitruant soutien et porte-parole du collectif Jean-Yves Ramassamy, José Gaddarkhan n'est pas moins présent derrière le mouvement des 24 et 25 février. Patron d'entreprises du BTP, il est probablement le nerf logistique du mouvement. 

Barrages à Morne-à-l'Eau
©R. Defrance

Du mouvement mené par un collectif composé de branches professionnelles variées, mais qui pourraient s'avérer utiles lors des prochaines élections consulaires, il montre, preuve à l'appui, son engagement personnel pour les entreprises de Guadeloupe. Au passage, et malgré sa prise de position au début de la conférence de presse de ce lundi 1er mars quant à son désintérêt personnel dans le mouvement et sa volonté de défendre l'intérêt général, il lui serait bien difficile de ne pas être intéressé par le devenir des carrières de la Guadeloupe, quand elles sont à l'origine d'une matière première importante pour son activité professionnelle.

José Gaddarkhan, Président de la Fédération du BTP, membre du collectif

Patrick Vial-Collet, à l'heure des comptes et des décomptes

En face, Patrick Vial-Collet et l'UDE-MEDEF ont bien compris l'attaque directe que constitue le mouvement de la semaine dernière. Leur volonté de faire de la CPME une base arrière pour leur maintien à la tête de la Chambre Consulaire, se trouve mise à mal, en premier lieu, par le sort de Jean Kassis. Elle l'est aussi par le mouvement, et désormais, par les extensions du conflit, au nombre desquelles la volonté affichée du collectif des socioprofessionnels de Guadeloupe de s'approprier les carrières de Deshaies et Gourbeyre. L'image des membres du collectif en uniforme dans la salle du Vélodrome a probablement été pour eux la plus silencieuse des déclarations de guerre. 

collectifs en blanc
Les membres du collectif des socio-professionnels lors de la conférence de presse du 1er mars 2021 ©Ch. Théophile

Le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de la Guadeloupe en avait fait autant en essayant de fédérer autour de lui les mécontentements contre les motifs impérieux et les restrictions sanitaires qui contraignent les entreprises et particulièrement celles de son secteur. 

Et comme à chaque élection à la Chambre de Commerce et d'Industrie, les calculettes chauffent en ce moment pour compter les soutiens réels de part et d'autres et ceux qui sont susceptibles de passer d'un camp à l'autre. Un problème mathématique pour les belligérants qui, rappelons-le, ne le sont toujours pas officiellement.Tout cela n'étant qu'un tableau en filigrane.

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