Guadeloupe : 4 des instigateurs présumés des violences de fin d'année incarcérés en métropole

Deux des suspects incarcérés dans l'enquête sur les instigateurs présumés des violences urbaines en Guadeloupe fin 2021 et début 2022 ont été transférés récemment vers la métropole, portant à quatre, dont un policier, le nombre de détenus en métropole dans ce dossier.

Huit hommes ont été mis en examen fin janvier dans ce dossier, dont sept sont incarcérés, soupçonnés notamment d'avoir participé à l'organisation de violences urbaines dans l'archipel, sur fond de tensions autour de l'obligation vaccinale et du pass sanitaire, outils de lutte contre le Covid-19. Deux détenus avaient déjà été transférés en métropole courant mars et le Conseil d'Etat a rejeté mercredi la demande de retour dans une prison antillaise faite par l'un d'eux, Noël Daufour, considéré comme un des leaders d'un gang de Guadeloupe.              

Son avocate, Gladys Democrite, a qualifié ce transfert vers la métropole de "représailles", affirmant qu'il était intervenu après le dépôt par son client d'un recours concernant ses conditions de détention à Basse-Terre. Ces transferts éloignent les détenus de leurs familles et de leurs avocats durant l'instruction. Dans sa décision, le Conseil d'Etat rappelle que ce transfert a été motivé par "la détention non-autorisée d'un téléphone portable" par M. Daufour qui "entretenait des liens avec différents protagonistes" et qui dispose "d'une capacité d'influence sur les milieux locaux ou de pression, même indirecte, sur les témoins, les victimes voire, sur les familles des surveillants pénitentiaires".              

Dans cette instruction, désormais menée par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Fort-de-France en Martinique, les mis en examen sont soupçonnés d'avoir fomenté des exactions en vue notamment d'extorquer des fonds à des grands groupes ainsi qu'à des élus, via des subventions versées à des associations. Cependant, ils sont présentés localement comme des "grands frères", médiateurs auprès d'une jeunesse désœuvrée.

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