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Législative partielle : la cavalcade effrénée des candidatures

L'élection législative partielle de la seconde circonscription aura lieu les 4 et 11 mars 2018. Les électeurs devront faire leur choix dans une offre pléthorique de 8 candidats piaffant d'impatience sur la ligne de départ. Ils pourraient être davantage d'ici la clôture des candidatures le 9 février.

  • Par Catherine Lama
  • Publié le
Depuis l'annonce de l'annulation de l'élection de Lénaïck Adam le 8 décembre 2017, le feuilleton de l'élection législative partielle va de rebondissement en rebondissement. On s'attendait à un mano à mano entre Lénaïck Adam et le porteur du recours Davy Rimane, candidat malheureux évincé de la course à la députation pour 56 voix d'écart. Mais non, les semaines passant les appétits citoyens se réveillent et sur l'air de "Je veux apporter ma contribution à la Guyane" se dessinent des destins politiques insoupçonnés.
 

De deux à huit candidatures


Davy Rimane a mis quelques semaines à annoncer qu'il retournait au combat alors que Lénaïck Adam s'est déclaré prêt tout de suite à repartir sur le terrain conquérir une nouvelle fois les voix de ses concitoyens. Dans la foulée, Richard Joigny qui se dit soutenu par "La France insoumise" et José Makébé annoncent leurs candidatures.
S'ensuit un quiproquo sur le soutien effectif du candidat Joigny dissipé quelques jours jours plus tard par le leader de la France insoumise, lui même, Jean-Luc Mélanchon. Il affirme dans le journal de la chaîne YouTube de son parti qu'il apporte son soutien pour cette élection au candidat Rimane.
Puis vient la candidature surprise du maire de Roura et président de l'association des maires, David Riché. Il saute le pas et quitte le seuil de sa circonscription pour être candidat dans la seconde. Il franchit un cap après avoir déclaré le 12 avril 2017 qu'il avait pris la mesure des demandes de la population lors du grand mouvement social de mars-avril 2018 et ne briguerait pas de mandat électif national.
Les autres candidatures se sont enchaînées avec celle, notamment, de Nicolas Miray de l'UPR, l'Union populaire République finalement remplacé par Georges Mignot. Puis apparaît sur l'échiquier le 29 janvier, Mylène Mazia, militante du PSG, conseillère municipale à Rémire-Montjoly qui s'affranchit de son parti, change de circonscription et va seule au combat pour apporter sa contribution à toute la Guyane. Nouvelle surprise, la déclaration le 5 février de Jean-Philippe Dolor qui se lance dans la bataille après avoir été le directeur de campagne de Léanaïck Adam. Il reste 3 jours avant le clôture des candidatures à la préfecture, il pourrait y avoir d'autres déclarations.

De l'ombre à la lumière


Deux anciens directeurs de campagne, Mylène Mazia pour le PSG et au service du député Serville en 2012 et 2017 et Jean-Marc Dolor en 2017 pour Lénaïk Adam, décident de sortir de l'ombre pour agir en pleine lumière et pour leur compte.
Ils ne sont plus désireux d'affiner des stratégies pour des politiciens, ils veulent aussi exister aux yeux de tous et porter eux-même la parole politique aux électeurs. Ils rejoignent le rang des personnes qui veulent se mettre au service de leurs concitoyens via un mandat électoral qui leur assure une posture davantage gratifiante et à la mesure de leurs ambitions.
Pour le citoyen, le champ des interrogations et des choix s'élargit d'autant que les discours des partis politiques qui tentent de se maintenir à flot, peuvent sembler dépassés.
Par voie de communiqué, plus d'un mois après l'annonce de l'annulation de l'élection de juin 2017, le parti Guyane Rassemblement de du président de la CTG, Rodolphe Alexandre a confirmé son soutien au candidat LRM Lénaïck Adam. Ce jour, le secrétaire général du PSG, Roland Léandre a tenté l'exercice, à la radio, d'expliquer à la fois, l'indiscipline d'une militante Mylène Mazia et le choix de son soutien au candidat Riché :


Au final, cette élection législative partielle sur la seconde circonscription qui révèle les appétits de pouvoir des uns et des autres, justifiés où pas, est semble t-il révélatrice de plusieurs faits. L'affaiblissement constant des partis politiques qui n'arrivent plus à s'imposer dans le paysage guyanais, un discours peu clair voire simpliste des candidats sur ce qu'ils proposent à leurs concitoyens dans une circonscription qui catalyse, plus que jamais, tous les enjeux sociétaux de la Guyane.


Annulation de la 1ère élection

Après le recours de Davy Rimane au mois de juin contestant l'élection de Lénaïck Adam, le conseil constitutionnel s'est prononcé le 8 décembre en annulant cette élection :
"Par la décision n° 2017-5091 AN, le Conseil constitutionnel a annulé les opérations électorales qui se sont déroulées dans la 2ème circonscription de la Guyane. Il a relevé que, en l'absence d'assesseur, la composition des bureaux de vote n° 1 et 2 de la commune de Maripasoula, dans lesquels 220 et 276 suffrages ont été exprimés, ne respectait pas les conditions prévues par l'article R. 42 du code électoral. Compte tenu du fait que cette irrégularité s'est prolongée pendant toute la durée des opérations électorales, du nombre de suffrages exprimés dans ces bureaux de vote et de l'écart de voix entre les deux candidats présents au second tour, il a annulé l'élection de M. Lénaïck Adam."
L’élection législative partielle  va se dérouler les 04 et 11 mars prochain, dans la seconde circonscription qui réunit 39 422 électeurs dans les communes suivantes :
Saint Laurent du Maroni, Mana, Awala Yalimapo, Iracoubo, Sinnamary, Montsinéry Tonnégrande, Macouria, Kourou, Maripasoula, Papaïchton, Apatou, Saint ELie et Saül.

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