Aimé Césaire avait conservé la porte du tricentenaire pour la "cannibaliser"

histoire fort-de-france
Porte du tricentenaire
La porte du tricentenaire, à l'entrée du parc Aimé Césaire. ©Martinique la 1re
La porte du tricentenaire, à l'entrée du parc Aimé Césaire, que les activistes menacent de détruire, a été inaugurée en 1935. Un symbole de la colonie, que l'ancien maire et chantre de la négritude a conservé pour une "cannibalisation".
De la végétation, des immondices, de la mousse sur les murs, et depuis peu des tags sur cette porte. Cette entrée du parc Aimé Césaire est visiblement laissée à l’abandon. Le coin est aujourd'hui fréquenté par de nombreux sans-abris.

Cette porte  a été inaugurée en grande pompe en décembre 1935 pour célébrer 300 ans de colonisation. Elle abritait un hôpital militaire. "Un symbole de la colonie qu’Aimé Césaire prend le parti de conserver pour la cannibaliser", selon l'historienne Valérie-Ann Edmond Mariette.
 
À partir de ce monument toxique, l'artiste khokho René-Corail réalise de part et d'autre de la porte, une fresque.

Il y a la porte et la fresque, classées monuments historiques, mais aussi toute la symbolique culturelle. Depuis 49 ans, le Sermac est un haut lieu de culture, d’ateliers et de rencontres. Connu pour rendre accessible la culture à tous, connu pour son festival mélangeant artistes locaux et internationaux.

(Re)voir notre reportage avec Marc-François Calmo.
La porte du tricentenaire, à l'entré du parc Aimé Césaire à Fort-de-France. ©Martinique la 1re
Cette porte du tricentenaire dont il est question depuis quelques jours, devrait être le théâtre d'une nouvelle démonstration des activistes (dimanche 2 août 2020) qui s'attaquent à "tous les symboles de la domination" (esclavage, colonisation...).

Cependant, les dirigeants du PPM (Parti Progressiste Martiniquais), fondé par Aimé Césaire, se disent "ouverts au dialogue, mais ne peuvent tolérer que l'oeuvre d'Aimé Césaire soir endommagée et détruite", annonce Johnny Hajjar, le secrétaire général du parti.




 
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