L’élue Karine Mousseau appelle au dialogue après l’incendie "d’origine criminelle" du hangar bananier du François

Karine Mousseau, conseillère municipale du François - conseillère territoriale du groupe "Ba Péyi-a An Chans" - présidente du CMT (Comité Martiniquais du Tourisme)

Dans un communiqué daté du 16 janvier 2021, jour de l’incendie du hangar bananier de l’habitation Trianon au François, la conseillère municipale s’interroge au nom de son Groupe "Ba Péyi-a An Chans" : "Quand sortirons-nous de la haine, pour construire ensemble la Martinique" ?

C’est par la voix de la présidente du Comité Martiniquais du Tourisme, Karine Mousseau, que le mouvement "Ba Péyi-a An Chans" s’est exprimé, suite à l’incendie qui a ravagé l’entrepôt de stockage de bananes, sur l’habitation Trianon au François, samedi 16 janvier 2021.

Dans un long communiqué reçu en fin de journée, la conseillère municipale franciscaine rappelle d’abord plusieurs actes commis par des activistes ces derniers mois.

Après l’entrée en force à ATV, après les insultes aux touristes, après le saccage récent de crèches de Noël à Bellefontaine et Case-Pilote, une poignée d’individus a encore choisi la violence pour exprimer sa rage.

 

Ils ont détruit un hangar à bananes au François à coups de cocktails molotov, se posant ainsi en juges et parties d’un tribunal qui sanctionne sans autre forme de procès.

 

"Entendent-ils imposer par la force leur vision d’une Martinique divisée" s’interroge encore Karine Mousseau, qui fait aussi allusion à la récente campagne promotionnelle d’une banane dite de qualité Bio, publicité qui suscite la polémique au sein de la filière agricole.

Quand bien même ajoute l’élue, cette campagne "aurait ravivé les cendres d’un dialogue qui peine à s’établir, aucune justification ne peut être trouvée à un tel acte".

La communauté béké (toujours) visée ?

 

Dans sa déclaration, la présidente du Comité Martiniquais du Tourisme redoute les conséquences économiques du sinistre pour le personnel du hangar, dont le gérant s'appelle Jean-Michel Hayot.

Karine Mousseau pointe également du doigt, l’attitude de "certains" de ses collègues vis à vis de la communauté béké, sans la citer.

En effet, certains politiques font preuve, au mieux, d’une indulgence calculée tandis que d’autres cautionnent ouvertement le rejet d’une partie de la population, systématiquement désignée comme la source de tous nos maux.

(Karine Mousseau)

 

Aux yeux de la conseillère territoriale, il s’agit d’"intimidation" et "d’appels à la violence", Karine Mousseau qui joue résolument la carte de l’ouverture pour un "mieux-vivre ensemble".

Acceptons enfin de nous parler !

Acceptons enfin de mettre à plat les problèmes qui rongent notre société, sans faux-fuyants et sans faux-semblants.  La situation de la Martinique exige une prise de hauteur et une réflexion partagée, qui va au-delà des affects.

Des défis à "relever ensemble"

C’est le seul moyen de s’attaquer durablement aux principaux défis que nous devons relever ensemble : la résorption des inégalités économiques et sociales, l’adaptation du marché de l’emploi, la préservation de notre environnement et notre santé, le mieux-vivre ensemble.

(Karine Mousseau)

 

Le préfet du territoire de son côté "condamne ces agissements" dans un communiqué de presse également publié le jour de l'incendie (16 janvier 2021).

Stanislas Cazelles parle d’actes "inadmissibles et injustifiables", et promet que "les auteurs seront recherchés activement".