La pêche de l'oursin blanc est suspendue jusqu'à nouvel ordre en Martinique

L'oursin blanc est un produit très apprécié.
Le comité des pêches a fait le point sur l'état de la ressource lors d'une réunion avec la direction de la mer mardi 19 décembre au siège de la CTM à Fort-de-France. Le constat est clair, la raréfaction de l'oursin dans nos eaux, impose des actions avant qu'il ne soit trop tard.

Il n'y aura pas de campagne de pêche de l'oursin blanc en Martinique en 2023. Les professionnels et les autorités sont inquiets. Ils envisagent une pause de plusieurs mois, voire d'années, en fonction de l'évolution de la ressource dans nos eaux.

Pour 2024, nous prévoyons d'agir, car nous avons une véritable raréfaction du produit. Nous allons faire des études sur le développement, sur les fonds pour comprendre. Nous savons qu'il y a des problèmes de températures et d'algues qui envahissent. Nous souhaitons également intensifier les contrôles et sensibiliser au braconnage.

Yann Jos, président Commission Ressources et Oursins

Le braconnage est l'un des fléaux de ce produit qui se vend entre 70 et 80 euros le kilo lors des campagnes de pêche.

La situation semble alarmante depuis plusieurs mois. La dernière période de pêche prévue, du 19 au 23 juin 2023, avait déjà été reportée par les professionnels.

Il faut remonter à octobre 2022, 4 jours de pêche entre le 24 et le 28, pour les dernières dégustations du "caviar des Antilles".

Oursin décortiqué (image d'illustration).

À l'époque déjà, seule la zone du sud de l'île était accessible. La ressource était presque inexistante sur la côte atlantique. Les marins-pêcheurs du Robert, du François et du Vauclin confirment sa raréfaction.

Il y a 4 ans, nous étions sur un tonnage correct, entre 10 et 17 tonnes. Ces dernières années, entre 2020 et 2022, nous étions sur 1,5 tonne, voire 2 tonnes.

Yann Jos

Dans les années 90, face au manque de ressource, une longue période de pause avait été mise en place. L'arrêt de la pêche avait permis une amélioration de la situation.

Une étude sur six mois devrait démarrer à partir de janvier 2024. Une nouvelle rencontre sera organisée entre les autorités et les professionnels de la pêche afin d'évaluer la situation.