Une ancienne de la majorité présidentielle considère que l'État a négligé la Martinique

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Sébastien Lecornu et Stanislas Cazelles
Sébastien Lecornu, ministre de l'outre-mer et Stanislas Cazelles, préfet de Martinique. ©Patrice Chateau Degat
Un rapport élaboré il y a 3 ans par un soutien du parti présidentiel, pointait du doigt toutes les problématiques de la société martiniquaise qui s’expose désormais dans la rue ces derniers jours.

Charlotte Gressier référente de LREM (La République en Marche) en Martinique, dressait déjà un état des lieux en 2018 dans un document adressé à Stanislas Cazelles, à l’époque conseiller spécial de LREM pour l'outre-mer. C’est en s’appuyant sur ces idées que la visite d’Emmanuel Macron en Martinique avait été préparée en 2018.

Depuis 3 ans ce document réalisé par l’ex référente de la République en Marche en Martinique, s’était basé sur les avis, les critiques et les solutions exprimées par la société civile martiniquaise, à l’occasion entre autres des états généraux des outre-Mer et des assises mettant ainsi en lumière près de 300 projets économiques.

Un document fourni et précis

Autour de 2 grands axes prioritaires, les problématiques sociétales de la Martinique y étaient exposées afin de poser les jalons d’un dialogue pertinent avec le gouvernement de l’époque, par le biais d'Annick Girardin, alors ministre des Outre-Mer.

La considération néo-coloniale, les lacunes en terme de représentativité locale dans les compétences institutionnelles de l’île, la question du rapport entre l’hexagone et l’outre-mer était clairement posée et figurait comme préalable à un dialogue serein et constructif avec le chef de l’État.

Venaient ensuite les problématiques économiques et politiques sur l’élaboration entre autres, d’une nouvelle stratégie territoriale de développement.

D’autres inquiétudes attendaient des réponses claires du gouvernement : les sargasses, le chloredécone, les problèmes de distribution de l'eau, l’autosuffisance énergétique ou les catastrophes naturelles.

"Une supercherie" selon Charlotte Gressier

Et parmi d'autres priorités dont le gouvernement actuel avait eu connaissance dans ce rapport, la formation, l’emploi, le coût encore trop élevé de la vie, le pouvoir d’achat, les retraites. Repenser également les coopérations extérieures notamment avec la Caraïbe.

Un dossier qui avait été adressé à l'époque, au conseiller spécial pour les outre-mer, un certain Stanislas Cazelles, devenu plus tard, Préfet de Martinique. Charlotte Gressier, estime en substance, que l'État a négligé la Martinique.

Charlotte Gressier