Vendredi saint au Lorrain : une passionnée préserve la tradition du "Diridou"

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Corinne Claude
Corinne Claude, remet au goût du jour le "diridou". ©Gérard Cabrimol

Certaines traditions perdurent, d'autres renaissent de leurs cendres. Depuis quelques années, celle du "Diridou" revit au Lorrain grâce à la passionnée Corinne Claude. Elle remet au goût du jour, ce dessert du vendredi saint.

La semaine sainte revêtait un caractère religieux incontournable et un aspect culturel riche.

Sur le plan ludique, les cerfs-volants de couleurs rivalisaient dans le ciel, obligeant les propriétaires à faire preuve de dextérité. Les pilotes de petites voitures traditionnelles en bois, faisaient preuve de créativité avant de  s’adonner à des courses effrénées.

Sur le plan gestuel, les laghias du samedi gloria lancés par ti-Émile et Victor Jacquot mettaient en lumière cet art martial ancestral.

Et sur le plan culinaire, les farandoles d’accras du vendredi saint (morue, titiris, légumes) égayaient toujours les papilles gustatives. Le matoutou du lundi est un délice. Mais au Lorrain, une tradition oubliée, refait son apparition depuis quelques années, le "Diridou"

Le Lorrain, berceau du "Diridou"

 

Corinne Claude (50 ans) est la petite-fille d'Élise Brieu, "Man Étienne" ou "Manman-ie" qui habitait le quartier Macédoine. Elle a connu la grande tradition de la semaine sainte.

Au début de la semaine sainte, ma grand-mère récoltait de son jardin des carottes, des navets, des choux durs et d'autres légumes. Elle cuisinait tout au long de la semaine des légumes avec du poisson, de la morue, ou des écrevisses pêchées à la rivière. Le vendredi soir, elle nous faisait du "Diridou".

Corinne Claude, garante de la tradition

 

Des 10 enfants et des 50 petits-enfants de "Man Étienne", Corinne est la seule qui a gardé le secret de sa Mamie. Aujourd'hui, elle est reconnue pour son expertise par toute la famille. Le vendredi saint, ils se retrouvent dans la maison familiale du quartier Macédoine au Lorrain pour savourer ce délice.

Depuis 2 décennies, Corinne Claude prépare "le Diridou" et préserve la tradition.

Je transmets la recette à mes neveux et à mon filleul qui vivent en France".

Corinne Claude, garante de la tradition du "Diridou"

 

►Voir la recette du Diridou au chocolat. 

La recette du Diridou au Chocolat par Corinne Claude

Nombre de Lorrinois ont appris à réaliser ce dessert, comme le photographe Gérard Cabrimol.

Le lorrain est une vitrine culinaire. Avec de simples produits, nous ramenons un concentré de cultures. "Diridou" est par excellence un produit rassembleur.

Gérard Cabrimol, photographe

 

Le riz a toujours été un élément culinaire incontournable en Martinique. Il accompagne le court-bouillon, le macadam. Cette denrée, importante de notre cuisine, a été introduite à la Martinique, lors des immigrations annamites, indiennes et chinoises.

Le "Diridou" du vendredi saint en soirée, est un moment respectant la tradition où les pratiquants catholiques, ne consomment ni viande, ni laitage, ni beurre, ni huile, ni œuf, ni fromage, ni vin, ni graisse...

Les habitants des quartiers Morne Capot et Macédoine au Lorrain, ont relancé cette tradition qui s'étend aussi dans une partie de la région Nord Caraïbe.