Aux Tonga, la peur du Covid complique l’acheminement de l’aide internationale

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Mercredi 26 janvier, à l'aéroport de Fua'Amotu, aux Tonga, lors du déchargement du Casa des Forces armées de Nouvelle-Calédonie, avec 3 tonnes d'aide d'urgence à son bord. ©Charlotte Mannevy
12 jours après la puissante éruption volcanique et le tsunami qui ont frappé les Tonga, de nombreux habitants sont privés d’eau potable, souillée par les cendres, d’autres ont vu leur logement détruit par le tsunami. Depuis une semaine, l’aide internationale arrive, mais pas question pour ceux qui l’acheminent d’entrer en contact avec les Tongiens : le royaume craint plus que tout l’arrivée du Covid sur son sol.

Livrer l’aide acceptée par Tonga, sans entrer en contact avec un seul Tongien : c’est le casse-tête auquel sont confrontées les forces armées de la Nouvelle-Calédonie (FANC) qui acheminent le fret humanitaire donné par la France dans le cadre de l’accord de coopération régional FRANZ (France-Australie-Nouvelle-Zélande). Ce vendredi 28 janvier, une nouvelle rotation depuis Nouméa a permis d’acheminer des tentes ou encore du matériel destiné au stockage de l’eau.

Mais les Tonga sont un des derniers pays au monde à être Covid-Free et appliquent des règles d’entrée sur leur sol très strictes. Alors, si depuis une semaine, le ballet des avions transportant l’aide internationale s’est accéléré, l’aéroport de la capitale Nuku’Alofa a pris des mesures draconiennes.

Combinaisons intégrales et pulvérisations

Sur le tarmac surchauffé, les agents de piste chargés de réceptionner le fret sont entièrement vêtus de combinaisons intégrales blanches. Des gants, des lunettes de protection et des masques FFP2 complètent l’équipement, tandis qu’un homme vêtu de la même tenue projette du désinfectant à l’aide d’un pulvérisateur.

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La chaleur est écrasante, mais le personnel de l'aéroport de Nuku'Alofa travaille dans des tenues de protection intégrales. ©Charlotte Mannevy

Les équipages ont interdiction de quitter l’environnement immédiat de l’avion et doivent eux aussi enfiler « des combinaisons dites Tyvek, explique le capitaine Alix de l’escadron de transports 52 de la base aérienne de La Tontouta. Ce sont des combinaisons quasi étanches pour vraiment limiter au maximum la propagation possible du virus. Mais en fait, même en restant statique, on transpire énormément et l’escale devient vite pénible, surtout si on doit faire de la manutention. Mais on a senti qu’il y avait une vraie crainte du virus. Malgré tout cet équipement, les Tongiens sont restés à distance. »

Ce sont des combinaisons quasi étanches pour vraiment limiter au maximum la propagation possible du virus. Mais en fait même en restant statique, on transpire énormément et l’escale devient vite pénible.

Capitaine Alix
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A l'arrivée à l'aéroport de Nuku'Alofa aux Tonga, l'équipage est obligé de revêtir une tenue de protection complète. ©Charlotte Mannevy

Quant aux trois tonnes d’eau et de nourritures acheminées ce mercredi par le Casa, elles resteront trois jours en extérieur après avoir été désinfectées deux fois dans l’appareil et une fois à terre.

Des précautions certes drastiques, mais qui, au regard de la contagiosité d’Omicron, sont nécessaires aux yeux des autorités tongiennes : mardi 25 janvier, 29 membres de l’équipage du croiseur australien L’Adélaïde, ont été testé positifs au Covid, à la veille de leur arrivée aux Tonga.

Des graviers tombés du ciel

Sur l’archipel, les stigmates de l’éruption sont encore bien présentes et sur le toit de l’aéroport des hommes balaient les cendres qui continuent de s’infiltrer partout.

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A l'aéroport de Fua'amotu, près de la capitale des Tonga, Nuku'Alofa, des hommes balayent les cendres déposées par l'éruption volcanique. ©Charlotte Mannevy

Il faut dire que selon Etienne, jeune professeur de français rapatrié vers la Nouvelle-Calédonie par les FANC, « on s’est réveillés le lendemain de l’éruption, sous un tapis de plusieurs centimètres de cendres ».

La veille, il était en route pour la plage lorsqu’il a été surpris par l’éruption du Hunga Tonga Hunga Ha’apai : « Il y a d’abord un grand nuage qui est monté de l’horizon et il y a eu ensuite une grosse explosion suivie de trois ou quatre plus petites, et une dernière qui a été vraiment la plus puissante. Et à chaque fois, l’explosion venait avec un souffle, il fallait décompresser les oreilles. Ça faisait trembler les maisons, dévier les voitures de leur route. Dans les heures qui ont suivi, le nuage est devenu de plus en plus grand. Ensuite, il a commencé à recouvrir le soleil, la luminosité est descendue vraiment très vite, il a fait nuit environ une heure et demie plus tôt que d’habitude et petit à petit il a commencé à tomber des graviers du ciel, de plus en plus petits, mais ça a commencé par des graviers de 2 à 3 centimètres. »

il a commencé à tomber des graviers du ciel, de plus en plus petits, mais ça a commencé par des graviers de 2 à 3 centimètres.

Etienne, professeur de français aux Tonga
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Les FANC ont profité du voyage pour rapatrier un jeune Français vers la Nouvelle-Calédonie. ©Charlotte Mannevy

Selon le jeune homme, la vie a depuis « repris son cours quasi normal » sur l’île principale. Mais la situation est difficile à évaluer, la rupture d’un câble sous-marin à proximité du volcan rendant les communications très compliquées. Le bilan fait état de trois morts et 80 % de la population aurait été affectée par l’éruption suivie d’un tsunami. Et les autorités tongiennes elles-mêmes ont du mal à évaluer la situation sur l’ensemble des 170 îles qui composent l’archipel. A leur demande, un Guardian de l’armée française a d’ailleurs effectué mardi un vol de reconnaissance au-dessus de certaines îles.

Le reportage à l'aéroport de Fua'Amotu, près de la capitale des Tonga, Nuku'Alofa, de Charlotte Mannevy :

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