Cafat : vers une retraite à 62 ans ?

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Une nouvelle fois, les partenaires sociaux se sont penchés sur l’âge de départ à la retraite. Une majorité s’est exprimée pour passer de 60 à 62 ans, au vu des derniers déficits de la Cafat. Pour autant, cette solution ne sera pas la panacée.

Cela fait des années que le régime des retraites fait débat, parfois jusque dans la rue. Comment enrayer un phénomène d’érosion structurel puisque le nombre de retraités et donc d’ayant-droit ne cesse de progresser chaque année ? Et comme les cotisations stagnent, au final le régime devient déficitaire. Pertes cumulées pour 2018 et 2019 : 4,8 milliards de francs CFP.
 

Le régime est aujourd’hui déficitaire depuis deux ans, et on puise dans les réserves. Ces réserves seront complètement utilisées en 2026… si rien n’est fait, le régime ne sera pas en mesure de payer les pensions de retraites aux retraités donc il y a effectivement une urgence à faire les réformes nécessaires.

Baptiste Faure, secrétaire général CPME


Quelles mesures envisagées ?

Une des mesures qui semble faire l’unanimité chez les partenaires sociaux : le déplafonnement des cotisations. « Il faut que celui qui gagne 500 000 francs, continue à financer la caisse ; ça, c’était l’une des pistes » indique Thierry Le Berre, troisième vice-président USTKE.

Autre levier l’âge de départ à la retraite : aujourd’hui, les conditions requises sont 60 ans ou 35 années de cotisations. Pour une majorité, il faudrait se résoudre à une augmentation progressive du temps d’activité. « Un report de l’âge légal qui est progressif et qui se fait à partir de 2023 et six mois de plus chaque année… pour arriver à 62 ans, en 2026. L’idée c’est de faire l’effort nécessaire mais de le faire progressivement en considération des situations individuelles et professionnelles de chacun » explique Baptiste Faure.

L’USTKE et la CSTC-FO s’y opposent. Pour ces syndicats, il faut trouver l’argent ailleurs. « Aujourd’hui, sur la retraite complémentaire, en cotisations qui partent vers cette caisse-là, il y a 28 milliards et en reversements au profit des retraites en Calédonie, il y a 8 milliards… tous les ans, on fait cadeau de 20 milliards à cette caisse » lâche Thierry Le Berre.

La Cafat devra trancher mais surtout, ce sont les élus qui auront le dernier mot. Depuis 2 ans, chacun retarde les décisions. Mais au rythme des déficits actuels, les réserves du régime Cafat seront vite épuisées.