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Candidats au gouvernement : réactions, et nouvelles tractations

Suite aux dépôts de candidature pour le prochain gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, la composition des listes se dévoile, de même que la stratégie des groupes politiques. Faute de majorité, les discussions, elles, ne sont pas terminées.

Philippe Michel, Thierry Santa, Aloisio Sako et Gilbert Tyuienon. © NC la 1ere
© NC la 1ere Philippe Michel, Thierry Santa, Aloisio Sako et Gilbert Tyuienon.
  • Rédactions de NC la 1ere, avec F.T.
  • Publié le , mis à jour le

La «majorité océanienne» vue par l'EO

Le jeune parti de Milakulo Tukumili est resté plusieurs jours silencieux avant d'apporter son éclairage quant à l'accord passé avec l’Avenir en confiance pour la composition du prochain gouvernement. «Ne vous méprenez pas, nous demeurons un mouvement libre et lucide», écrit l’Eveil océanien dans cette mise au point diffusée la nuit de dimanche à lundi.
«La majorité océanienne telle que le FLNKS l’imaginait», pointe-t-il, «a été mise en échec par l’UNI-Palika et une faction du FLNKS, en particulier, le RDO». Mais «la majorité océanienne peut aussi prendre une forme plus consensuelle, plus à l’image du verdict des urnes, plus à l’image de la population calédonienne.» 

Philippe Michel «très inquiet»

Quelques heures plus tôt, c'est Calédonie ensemble qui décidait de réagir. Philippe Michel l'a fait dimanche soir sur NC la 1ere, durant la séquence politique du journal télévisé. «Je suis très inquiet», a lancé le chef du groupe CE au Congrès, «de ce type de positionnement qui consiste à aller politiquement d'un côté ou de l'autre de l'échiquier en l'espace d'une semaine, qui consiste à proposer de déstructurer l'économie calédonienne en jouant avec trente mille emplois, qui fait courir des risques à notre modèle de protection sociale...» Il évoquait alors le «New Deal calédonien» proposé par l'Eveil océanien vendredi matin.   

«Poudre aux yeux»

Un programme qualifié d'«ultra-libéral». Le co-fondateur de CE a également qualifié les «gestes d'ouverture» avancés par l'Avenir en confiance, pour la composition des commissions provinciales, de «poudre aux yeux». Et de marteler: «à partir du moment où on a été exclu de toute responsabilité à la province et […] au Congrès, à partir du moment où l’Avenir en confiance choisit de s’allier avec ceux qui ont fait élire des indépendantistes au Congrès […], il n’est pas question pour nous de cautionner ou de soutenir l’élection de Thierry Santa à la présidence du gouvernement. Ou alors il va falloir avoir une discussion de fond, avec une vraie remise à plat des responsabilités.»
Son entretien avec Yvan Avril.
POLITIQUE DIRECTE PHILIPPE MICHEL
 

Thierry Santa: «La meilleure possibilité de changer les choses»

Samedi, c'est Thierry Santa qui réagissait au rapprochement de sa coalition Avenir en confiance avec le tout jeune parti de Milakulo Tukumuli, et à leur liste commune (lire en encadré). «Je pense que les longue heures de discussion que nous avons eues toute cette semaine nous ont permis de mieux nous connaître, d'abord, et surtout de convenir que c'était en unissant nos forces que nous aurions la meilleure possibilité de faire changer les choses, a-t-il développé. De changer de politique économique, sociale, culturelle.»
 

Un accord autour du programme

Le rapprochement entre les deux mouvements repose surtout sur un accord autour du programme économique et social à mettre en œuvre : hausse du pouvoir d’achat, libéralisation des marchés ou encore simplification de la TGC. Egalement dans la balance, le fauteuil de troisième vice-président de la province Sud qui serait libéré par Yoann Lecourieux. 
 

Candidat à la présidence

Thierry Santa confirmait au passage qu'il briguera jeudi la présidence du seizième gouvernement, une fois que les élus du Congrès en auront élus les onze membres. Et d'ici là ? «La semaine qui vient va servir à reprendre contact avec tous les groupes politiques et on essaiera de rechercher un consensus pour envisager une gouvernance partagée au gouvernement». 

Le communiqué commun diffusé samedi soir:


Aloisio Sako «déçu»

En attendant, cette alliance est également dénoncée par le Rassemblement démocratique océanien d'Aloisio Sako, comme l'a montré le comité directeur du parti, samedi, à Dumbéa.  

Les indépendantistes partent séparés

Les quatre autres du Congrès ont finalement déposé une liste.  Or, on aurait aussi pu s'attendre à un rapprochement entre indépendantistes. Cela ne s'est pas fait. L'UC-FLNKS et Nationalistes présente ses propres candidats, tous extérieurs au Congrès (lire en encadré). Cette liste est tirée par Gilbert Tyuienon.
 

Gilbert Tyuienon : «groupes de pression»

«L'une des explications», selon le membre du gouvernement sortant, «c'est qu'avec l'Union calédonienne, il y a un certain nombre de groupes de pression indépendantistes, à savoir le RDO, la DUS, le LKS. On a essayé de rassembler comme on peut, chacune de son côté, et on fait des listes. Mais les discussions vont continuer, comme d'habitude.»
Quant au rapprochement entre l'Avenir en confiance et l'Eveil océanien, écoutez ce qu'en dit Gilbert Tyuienon au micro de Brigitte Whaap. 
GILBERT TYUIENON A PROPOS DE L'EVEIL OCEANIEN
 

Le scénario du 5-1-3-2

Pour résumer, au sein du prochain gouvernement, il devrait y avoir cinq postes pour l'Avenir en confiance, un pour Calédonie ensemble, trois pour l'UC-FLNKS et deux pour l'UNI. Aucune véritable majorité ne se dégage. Il faudra encore des tractations avant la séance consacrée à cette élection, jeudi 13 juin, au Congrès.

Une analyse de Brigitte Whaap et Patrick Nicar au JT de samedi.
CANDIDATURES AU GOUVERNEMENT

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