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Comment le monde économique reçoit-il le projet de relance du gouvernement ?

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Le gouvernement présentait mardi son projet de loi de relance de l'économie calédonienne. Les syndicats du patronat ou des salariés ont sur le sujet des vues très divergentes.
Le projet de loi de soutien à l’économie provoque, on pouvait s’y attendre, des réactions contrastées. 
 

« Des mesures administratives » pour la CPME

Un projet qui manque d’ambition pour la Confédération des petites et moyennes entreprises : « On rêvait d’une vraie vision stratégique sur du long terme de développement économique, et aujourd’hui, on se rend compte que ce sont des mesures administratives je dirais, mais pas vraiment des mesures en faveur de l’entreprenariat » regrette Chérifa Linossier, la présidente de la CPME. 
Chérifa Linossier, CPME
Chérifa Linossier, CPME ©Nicolas Fasquel


« L’ensemble du monde économique a été entendu » pour le Medef

Au Medef en revanche, on salue le pragmatisme des mesures engagées.
« C’est positif, ça va dans le bon sens. Le monde de l’entreprise a été considéré et ça fait du bien » confirme Divy Bartra, le président de la commission économie et fiscalité au Medef. « On a changé de paradigme, ça c’est sûr. Là, on est sur des mesures qui me semblent plus pragmatiques, moins démagogiques. Il n’y a pas non plus de clientélisme, j’ai le sentiment que l’ensemble du monde économique a été entendu ».
Divy Barta Medef
Divy Barta Medef ©Nicolas Fasquel


« Le compte n’y est pas » pour la Fédération des fonctionnaires 

Ce n’est pas vraiment le sentiment des salariés, si peu concernés par les réformes. 
« Pour les salariés, le compte n’y est pas dans ces mesures effectivement » regrette David Meyer, le secrétaire général de la Fédération des fonctionnaires. « Derrière, on dit qu’il va y avoir de l’emploi, mais les conditions aujourd’hui ne sont pas réunies pour créer de l’investissement ». 
Plus concrètement, les rares mesures en faveur des employés n’auraient guère de réalité.
« Les heures supplémentaires, ce n’est pas quelque chose qui se pratique dans les entreprises, et aussi bien dans le secteur public. On récupère les heures supplémentaires, on ne les paye pas, donc je ne vois pas très bien le bénéfice de cette mesure » poursuit David Meyer.
David Meyer. Fédération des fonctionnaires
David Meyer. Fédération des fonctionnaires ©Nicolas Fasquel
 

Et la suite ?

Si la volonté d’entendre les entrepreneurs a été saluée, la période de flou institutionnel actuelle aurait mérité selon la CPME une vraie réforme du modèle économique. «  Une entreprise a besoin de visibilité et d’un cahier de commandes. Une fois qu’elle a un cahier de commandes et qu’elle a une visibilité sur du long terme, elle peut prendre le risque d’embaucher » explique Chérifa Linossier. « Aujourd'hui, on va tous rester encore en stand-by parce qu’on n’a pas de visibilité ».
Pour le patronat, ce n’est qu’un premier pas qui devra être complété par la réforme fiscale et celle des comptes sociaux. 
« Il faudra évidemment que la Calédonie se dote d’une véritable stratégie économique et sociale pour fixer le cap pour les quelques décennies qui viennent. C’est les prochaines étapes fondamentales qui nous attendent » affirme Divy Bartra pour le Medef.
Une loi de relance faite dans l’urgence, la situation économique l’exigeait. Seul le temps permettra d’en mesurer l’impact. 
Le reportage de Bernard Lassauce et Nicolas Fasquel 
©nouvellecaledonie
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