Consultation citoyenne : les contributions de la plate-forme ont été analysées

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Consultation citoyenne : public lors de la restitution au centre Tjibaou, 10 mai 2021
Des contributeurs de la plate-forme participative ont assisté à la restitution, lundi 10 mai. ©NC la 1ere

La grande restitution de la consultation citoyenne, lundi soir en Nouvelle-Calédonie, intégrait la participation des 113 associations, syndicats, entreprises et autres clusters qui ont répondu sur la plate-forme participative. En voici un résumé, entre demandes spécifiques et sujets transversaux.

Elles peuvent être consultées en ligne depuis la mi-avril (NC la 1ere l'annonçait ici). Mais lundi 10 mai, les contributions des "corps intermédiaires" recueillies durant la consultation de la société civile calédonienne ont fait l’objet d’une synthèse. C’était une partie de la grande restitution publique organisée au centre Tjibaou. Elle a été présentée, en visio-conférence depuis Paris, par deux représentants de la société Bluenove qui ont travaillé sur ce volet.

  • 113 entités et 2 321 messages

Rappelons que cette partie de la démarche s’adressait aux acteurs de la société civile, sur la base du volontariat, en s’exprimant sur le site www.notreavenir-nc.fr. Six questions étaient posées de façon ouverte.

113 entités ont répondu : deux-tiers d’associations (dont dix-neuf d’action sociale et dix-huit associations sportives), une quinzaine d’entreprises, des ONG, des syndicats… 2321 messages ont été ainsi produits.

Une fois cette matière recueillie, un regroupement sémantique a été effectué, en partie avec un algorythme. Ajoutons que 51 auditions auprès du haut-commissaire ont été demandées en complément - c'est presque la moitié des contributeurs.

Attention, ont toutefois prévenu les intervenants, "les résultats de la consultation proposent un aperçu des opinions des organisations ayant souhaité participer. Ces résultats n’ont pas vocation à proposer une illustration statistiquement représentative des opinions de la société civile calédonienne". De fait, les réponses laissent à penser qu'il y a eu, parmi ces contributeurs, une part prépondérante de partisans du maintien dans la République.

Le sens d'être français en Calédonie

La synthèse retient les grandes réponses apportées aux questions. A commencer par ce que signifie être français aujourd’hui en Calédonie :

  • bénéficier de droits fondamentaux (23% des contributions).
  • être protégé et faire partie d’un système de solidarité nationale (15%).
  • avoir la nationalité française et être citoyen français.
  • adhérer aux valeurs de la République et participer à la société française (12%).

Être français en Nouvelle-Calédonie est un sentiment fort d'appartenance, une identité et une fierté. Au-delà des trois valeurs "Liberté, Égalité, Fraternité", il y a les valeurs partagées, le respect des racines, l'envie de valeurs communes et le langage unificateur pour toutes les ethnies du Territoire. 

Association maintenance durable 

 

  • Indépendance et souveraineté

Parmi les répondants et les messages transmis, l’indépendance évoque des notions très différentes. Certains y voient "l’autonomie et la souveraineté d’un pays" (25 %). Mais presqu’autant interprètent ce concept comme "un recul socio-économique" (23%). Autres réponses : "un détachement avec la France" (15%), "l'incertitude" (12%) ou "un moyen d’accès à une meilleure justice sociale" (6%). 

Le terme de souveraineté, lui, inspire "la capacité de décider localement en toute autonomie" (29%), "la souveraineté liée à l’indépendance" (24%), "une opportunité de créer une société nouvelle" (12%)…

La souveraineté appelle des capacités raisonnables pour assumer sans rupture l’ensemble des fonctions d’un État, autrement dit, s’agissant de la Nouvelle-Calédonie, toutes les fonctions déjà exercées par nos gouvernements successifs, dans les provinces, les communes, agences et établissements publics, mais pas seulement. 

Ligue des droits de l’Homme et du citoyen de Nouvelle-Calédonie 

 

  • Les liens à entretenir avec la France

La question des liens à entretenir avec la France amène 40% de réponses en faveur de "la conservation du lien actuel, une Nouvelle-Calédonie française capable d’entretenir son identité propre". 16% qui prônent "la conservation de liens étroits quel que soit l’avenir institutionnel".  Et 7% en faveur de "la conservation de lien avec la France tout en renforçant l’autonomie de la Nouvelle-Calédonie". Seulement 3% des contenus défendent "l’accès à l’indépendance".

Laisser la France continuer à exercer les fonctions régaliennes qu’une Nouvelle-Calédonie indépendante ne sera pas en mesure d’assurer faute de moyens humains, financiers et matériels.

Amicale doyenne des anciens combattants de Nouvelle-Calédonie

 

  • Préoccupations et espoirs

Les préoccupations des contributeurs, vis-à-vis de l’avenir calédonien ? "L’instabilité sociale et l’insécurité" (37%), "les tensions politiques et institutionnelles" (22%), "les conflits ethniques et communautaires" (19%), "les difficultés économiques" (12%).

Que nos politiques soient incapables de dialoguer pour construire un destin commun et que le contexte social devienne de plus en plus clivant entre les différentes communautés.

Association Pala Dalik

 

Quant à leurs espoirs, ils vont, d’abord, dans le sens d’"une société paisible et harmonieuse" (26%), du "développement économique, social et environnemental" (26%), et puis d’"un accord politique permettant de définir un avenir institutionnel" (21%).  

A court terme: voir les différentes composantes de la société se rencontrer pour trouver des solutions pacifiques au malaise persistant et définir un projet commun d’avenir pour le pays, incluant des mesures concrètes pour faire face au défi du réchauffement climatique, mesures devant inclure le vélo.

Association Droit au vélo Nouvelle-Calédonie 

 

  • Les grands défis

Les membres de la société civile qui ont saisi l’occasion de s’exprimer ont identifié en particulier dix défis auxquels la Calédonie serait confrontée. En tête, le "projet du vivre-ensemble" (19%). Suit l’idée de "développement d’un modèle social calédonien basé sur la répartition des richesses et la diminution des inégalités" (18%). On trouve aussi "le renouvellement du cadre institutionnel" (15%), "la transition énergétique et la gestion raisonnée des ressources" (11%) ou "la diversification de l'économie locale" (11%). La notion de reconnaissance du peuple kanak n'est cité comme défi qu'à 1% de ces contributions. 

  • Des sujets ont émergé

D'après la synthèse portée par la société Bluenove et le haut-commissariat, "l’analyse de l’ensemble des réponses fait émerger à la fois des demandes spécifiques aux activités ou aux revendications des organisations répondantes, mais aussi des sujets transverses et fréquemment évoqués". Tels que :

  • l’impératif de construire collectivement un avenir commun apaisé, en valorisant la diversité culturelle et en stabilisant le cadre institutionnel du territoire.
  • le souhait de faire émerger un modèle social calédonien permettant une répartition équitable des richesses, un meilleur accès à l’éducation et le maintien d’une protection sociale pour tous.
  • la nécessité de définir un modèle économique plus diversifié, avec des liens plus étroits avec les partenaires régionaux tels que l’Australie et la Nouvelle-Zélande, et permettant l’autonomie alimentaire de la Nouvelle-Calédonie.
  • le désir de conserver un lien fort avec la France sur les plans culturel, stratégique et économique.
  • la volonté de protéger l’environnement et de mettre en place une économie plus durable, passant notamment par l’exploitation raisonnée des ressources, dont le nickel.